Sexe, drogue et créatures de la nuit :

Sexe, drogue et créatures de la nuit : « La descente, c’est le pire » de Mariana Enriquez

Le premier roman de Mariana Enriquez, intitulé La descente, c’est le pire, est désormais disponible en version française, trente ans après sa première publication en 1995. Ce récit explore les thèmes de la sexualité, de la toxicomanie et des hallucinations, à travers les yeux de Narval, un jeune homme qui devient obsédé par un être mystérieux. En proie à des visions cauchemardesques, Narval soupçonne même son ami Facundo d’être l’une des créatures qui hantent son esprit, tandis que Carolina, une adolescente issue d’un milieu aisé, complique la dynamique avec son propre parcours destructeur.

Écrit alors qu’Enriquez n’avait pas encore 20 ans, ce roman a acquis un statut culte en Argentine, en partie en raison de sa rareté jusqu’à sa récente réédition en Espagne, après le succès international de Notre part de nuit. Ce dernier ouvrage a plongé les lecteurs dans un récit sombre sur les forces occultes sous la dictature militaire argentine.

Bien que La descente ne présente pas encore la force narrative des œuvres ultérieures d’Enriquez, il révèle déjà son esthétique unique, mêlant horreur et beauté. Le fantastique s’immisce dans le quotidien, illustrant l’idée que, comme l’a dit Paul Éluard, « Il y a un autre monde, mais il est dans celui-ci. »

Le style d’Enriquez, caractérisé par des ambiances gothico-urbaines, peint des tableaux évocateurs de la ville, accompagnés d’une bande-son rock et punk. Les descriptions de la ville, telles que « le gris bleuté de la ville avec son fleuve croupi », ajoutent une dimension sensorielle au récit.

Bien qu’il y ait des maladresses et des moments de flottement dans l’intrigue, le roman se distingue par son romantisme baudelairien et dresse un portrait poignant d’une jeunesse argentine en proie au désespoir.

La descente, c’est le pire est traduit de l’espagnol par Anne Plantagenet et publié aux Éditions du sous-sol, comptant 320 pages au prix de 23 €.

Source : La Libre

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