Fonction publique hospitalière morte : FO dénonce l’abandon de l’hôpital public
Invité de France Info le 8 septembre, à l’occasion de la journée de mobilisation « Fonction publique hospitalière morte », Grégory Leduc, secrétaire fédéral de la branche santé de la Fédération FO des personnels des Services Publics et des Services de Santé (FO-SPSS), a dressé un constat alarmant sur la situation de l’hôpital public. Des minutes de silence, rassemblements et actions symboliques ont eu lieu dans de nombreux établissements, illustrant la difficulté pour les hospitaliers de rendre leur mobilisation visible. Même en grève, la continuité des soins doit être maintenue, entraînant souvent une présence accrue de personnel : « Certains jours de grève, il y a davantage de personnels présents que les jours ordinaires. » Cependant, leur colère est palpable.
Derrière les discours politiques, une situation catastrophique
Grégory Leduc a mis en lumière les conséquences de l’instabilité politique et la succession de neuf ministres de la Santé en quelques années. Il a souligné un décalage croissant entre la communication gouvernementale et la réalité des établissements : « Quand on écoute les ministres, tout serait maîtrisé et tout irait bien. Mais sur le terrain, c’est la catastrophe. » Les épisodes de canicule ont révélé des locaux inadaptés, l’absence de climatisation dans de nombreux services et des conditions de travail devenues insupportables.
Les agents hospitaliers sont confrontés à des patients sans pouvoir leur offrir de solutions satisfaisantes, en raison du manque de lits, de personnel et de possibilités de prise en charge. Les délais pour obtenir une consultation s’allongent, tandis que les capacités continuent d’être réduites, et les professionnels quittent massivement les établissements à cause de conditions de travail dégradées.
Le Ségur n’a pas réglé toute la question des salaires
En réponse à ceux qui opposent le Ségur de la santé aux revendications des hospitaliers, Grégory Leduc a affirmé que les mes du Ségur, bien que significatives, n’ont pas compensé les pertes salariales accumulées. Le gel de la valeur du point d’indice entraîne une nouvelle baisse du pouvoir d’achat, alors que l’inflation a atteint environ 15 % sur les quatre dernières années, tandis que les revalorisations pour les fonctionnaires sont restées inférieures.
Réduire les moyens alors que les besoins augmentent
Grégory Leduc a rappelé que l’hôpital public est principalement financé par la Sécurité sociale, alimentée par les cotisations sociales, qui ne doivent pas être considérées comme des « charges », mais comme une ressource essentielle. Les exonérations de cotisations fragilisent ce financement, alors que les besoins, en raison du vieillissement de la population et de l’augmentation des maladies chroniques, continuent de croître. « On ne peut pas demander à l’hôpital de répondre à des besoins toujours plus importants tout en réduisant continuellement ses budgets », a-t-il déclaré.
Une complémentaire santé « low cost » pour les hospitaliers
La question de la protection sociale complémentaire est également un point de mécontentement. Les agents de la fonction publique hospitalière sont les derniers à ne pas bénéficier d’une participation de leur employeur pour leur complémentaire santé. Ce manque de couverture est d’autant plus problématique, car ces personnels subissent un taux d’accidents du travail supérieur à celui de certains secteurs réputés dangereux.
FO réclame un investissement massif dans l’hôpital
Face à cette situation, la Fédération FO-SPSS appelle à un investissement massif dans l’hôpital public, à une augmentation générale des salaires, à des recrutements adaptés aux besoins, à l’arrêt des fermetures de lits et de services, ainsi qu’à une protection sociale complémentaire de qualité. La journée « Fonction publique hospitalière morte » représente un avertissement clair au gouvernement : la colère des hospitaliers est profonde et ils refusent d’être laissés seuls face à la dégradation du service public et aux souffrances des patients.
(Source : France Info)

