Médecins et patients inquiets face à la montée des téléconsultations soutenues par l’État

Médecins et patients s'inquiètent de l'essor des téléconsultations dopé financièrement par le gouvernement

Médecins et patients s’inquiètent de l’essor des téléconsultations

Les déserts médicaux se multiplient en France, laissant près de 7 millions de Français sans médecin traitant. Pour pallier cette crise, le gouvernement a lancé une initiative en faveur de la télémédecine, notamment à travers un appel à manifestation d’intérêt intitulé « Offre innovante en santé délocalisée et télémédecine », dans le cadre de France 2030. Ce dispositif prévoit une subvention pouvant atteindre 50 % des dépenses d’un projet, dans la limite de 3 millions d’euros, pour le déploiement de cabines et d’espaces de téléconsultation.

Dans un cabinet de généraliste à Pantin, en Seine-Saint-Denis, les inquiétudes sont palpables. Yohan Saynac, vice-président du syndicat MG France, exprime ses préoccupations : « Est-ce qu’on souhaite encourager une médecine de suivi de proximité, qui s’occupe de tout le monde sans trier, ou est-ce qu’on va encourager ce qui est plus court, plus rentable ? On ne peut pas faire les deux dans le même temps. »

Les professionnels de santé craignent un morcellement de l’offre et une financiarisation de la médecine, ce qui pourrait entraîner des consultations plus courtes et moins axées sur le suivi des patients. Saynac souligne que cette approche ne répond pas entièrement aux besoins de la population.

Dans la salle d’attente, des patients partagent ces préoccupations. Martine, une patiente, se demande : « Qu’est-ce qu’on fait du suivi ? Le médecin connaît notre dossier. Avec la télémédecine, ce n’est pas le cas. On perd beaucoup en termes de qualité de soins. » Marion, une autre patiente, plaide pour une médecine de proximité et un soutien accru aux jeunes médecins s’installant dans les zones rurales, plutôt que de financer des fonds de pension.

Le secteur de la télémédecine, de son côté, voit d’un bon œil cette aide de l’État, car le modèle économique reste difficile à établir et l’activité n’est pas encore suffisamment rentable.

Source : France Inter

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