L’inflation alimentaire inévitable dans les supermarchés français
L’inflation alimentaire est de retour dans les prévisions des experts pour les supermarchés français, bien qu’elle arrive plus tard que chez certains de nos voisins européens. Selon les analyses, cette hausse devrait rester sous les 2,5% dans les mois à venir.
Malgré la stabilité actuelle des prix, une combinaison de tensions géopolitiques, de changements climatiques et du calendrier des négociations commerciales devrait entraîner une augmentation des prix alimentaires d’ici quelques mois. John Plassard, associé et responsable de la stratégie d’investissement chez Cité Gestion, souligne que divers facteurs, tels que la canicule en Europe et le phénomène El Niño en Asie et en Australie, ainsi que la guerre entre la Russie et l’Ukraine, rendent cette inflation inévitable. Toutefois, les experts estiment qu’elle ne sera pas immédiate, mais plutôt perceptible à partir de la fin de l’année ou au printemps prochain.
Actuellement, les prix alimentaires en grande distribution sont stables, voire en légère déflation. Emily Mayer, directrice d’études chez Circana, note que seuls certains marchés, comme les eaux en bouteille et certains fruits et légumes, commencent à ressentir des hausses de prix. En effet, le taux de rupture des salades en sachet a atteint 20% au début du mois d’août, en raison de récoltes affectées par la sécheresse.
À partir d’avril, l’inflation alimentaire devrait toucher d’autres catégories de produits, notamment les fruits et légumes conservés, les produits laitiers, et ceux dont le coût d’emballage est élevé. Les prévisions estiment une inflation alimentaire moyenne de 2% à 2,5%, un chiffre bien inférieur à celui des années précédentes, où l’inflation avait atteint des sommets.
Les consommateurs, déjà affectés par une hausse de 20% des prix ces dernières années, sont attentifs à cette nouvelle tendance. Un sondage de Circana a révélé que 50% des personnes interrogées affirment qu’une inflation dépassant 3% modifierait leurs comportements d’achat. Cela pourrait engendrer une contraction des volumes achetés et une montée des marques distributeurs, des changements que les distributeurs et les industriels souhaitent éviter.
Source : Circana, Cité Gestion
