Vol au musée Renoir : à quoi sert un cambriolage d’œuvres invendables ?
Quatre tableaux ont été décrochés et deux d’entre eux, « Madame Colonna Romano » et « Jeune femme au puits », ont été volés au musée Renoir de Cagnes-sur-Mer, Alpes-Maritimes, dans la nuit du 8 septembre 2026. Les deux autres œuvres, « Madame Pichon » et « Coco lisant », ont été abandonnées dans le parc du musée. Ce vol, réalisé en moins de trois minutes, soulève des questions sur la valeur des œuvres d’art volées.
Selon le parquet de Marseille, ces tableaux représentaient « les quatre plus grosses valeurs du musée ». Cependant, une fois dérobées, ces œuvres perdent presque toute leur valeur sur le marché officiel, étant désormais recherchées et connues. Agathe Voisin, commissaire-priseur à Nice, souligne que « l’on ne peut pas les démanteler comme ceux qui ont fait le casse du Louvre », où des pierres et de l’or pouvaient être refondus.
Elle précise : « Ces deux œuvres ne pourront pas être mises sur le marché ni maintenant, ni même dans 10, 15 ou dans 20 ans. » Le contexte du vol reste flou, mais une piste de commanditaire passionné par Renoir est envisagée. Ce dernier pourrait détenir ces œuvres sans jamais pouvoir les exposer, les condamnant ainsi à rester cachées.
Le vol de ces tableaux rappelle que la commande d’œuvres spécifiques existe depuis longtemps, comme en témoigne le vol de la Joconde en 1911, qui a contribué à sa renommée. « Coco lisant », quant à elle, avait déjà été spoliée par le régime nazi avant d’être restituée au musée en 1995.
Les cambriolages d’œuvres d’art ne sont pas nouveaux, mais leur fréquence semble augmenter, touchant également des institutions religieuses et des salles des ventes. Les professionnels de l’art prennent des mes de précaution pour éviter de telles situations. Une enquête pour vol en bande organisée est en cours, confiée au service interdépartemental de police judiciaire des Alpes-Maritimes et à l’Office central de lutte contre le trafic des biens culturels.
Source : France 3 Régions
