L’égoïsme et la déconnexion des influenceurs suscitent des critiques croissantes dans le secteur numérique.

L’« égoïsme » et la « déconnexion » des influenceurs ne passent plus

L’égoïsme et la déconnexion des influenceurs face à la réalité climatique

Face à l’été 2026, marqué par des vagues de chaleur extrêmes et des incendies dévastateurs, les influenceurs semblent enfin confrontés à la réalité du réchauffement climatique. Les réseaux sociaux, jadis utilisés pour partager des contenus légers, deviennent le théâtre d’interrogations sur leur rôle dans un monde en crise. Comment continuer à interagir avec des abonnés qui ont subi les conséquences de cette crise, alors que certains ont passé des mois dans des logements insupportables?

Charlotte Lemay, influente sous le pseudonyme Chamellow et cofondatrice de l’association Aware Collective, souligne une prise de conscience chez certains créateurs de contenu. Des figures connues comme Lena Situations et Squeezie ont commencé à partager des cagnottes pour soutenir les victimes d’incendies, illustrant une tentative d’engagement social.

Cependant, cette prise de parole est jugée par certains comme un simple épiphénomène. Amélie Deloche, cofondatrice du collectif Paye ton influence, avertit que ces actions ne suffisent pas. Elle appelle à une réflexion plus profonde sur les collaborations avec des entreprises qui contribuent au réchauffement climatique.

Conflit entre engagement et mode de vie

Malgré ces initiatives, de nombreux influenceurs continuent de mener un style de vie en contradiction avec leurs messages écologiques. Par exemple, après avoir annoncé des dons pour les sinistrés des incendies, Lena Situations a pris un vol pour Mykonos, sans aborder les impacts du surtourisme. Ce type de comportement crée une déconnexion entre les influenceurs et leurs abonnés, qui attendent des discussions sur des sujets environnementaux.

Léa, une abonnée de 30 ans, exprime son mécontentement face à cette déconnexion. Elle estime que les influenceurs, en tant que figures publiques, ont une responsabilité d’aborder ces enjeux. Joseph Godefroy, sociologue, renforce cette idée en notant que le public est plus touché par les effets du changement climatique que les créateurs eux-mêmes.

Un modèle économique en contradiction avec l’écologie

Plus de 15 millions de Français se déclarent écoanxieux, confrontés à des modes de vie promus par des influenceurs qui semblent ignorer la crise environnementale. Le sociologue souligne que ces créateurs incarnent un capitalisme qui va à l’encontre des démarches écologiques, cherchant avant tout à maximiser leurs profits.

Les influenceurs sont conscients que parler d’écologie peut nuire à leurs partenariats commerciaux. EnjoyPhoenix, par exemple, a vu certaines marques se retirer lorsqu’elle a commencé à s’engager pour des causes environnementales. Amélie Deloche insiste sur la nécessité pour ces créateurs de s’ancrer dans les réalités sociétales et environnementales.

Vers une sensibilisation accrue

Pour aider les influenceurs à aborder des sujets environnementaux, l’association On est prêt propose des formations et des ateliers. Caroline Span, présidente de l’association, souligne l’importance de fournir des informations fiables face à la désinformation qui prévaut.

Alors que l’été 2026 pourrait marquer un tournant pour le monde de l’influence, il est essentiel que les créateurs prennent conscience de leur impact et de leur responsabilité dans la lutte contre le changement climatique.

Source : Reporterre

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