Sans transmission des savoir-faire, les investissements industriels en France risquent d’échouer.

Sans transmission des savoir-faire, les investissements industriels ne suffiront pas

Réindustrialiser ne suffit pas : la nécessité de transmettre les savoir-faire

La réindustrialisation en France se me souvent par le nombre d’usines ouvertes, les investissements réalisés ou les emplois annoncés. Cependant, ces indicateurs ne reflètent pas toujours la capacité d’un site à conserver et à transmettre les connaissances essentielles à sa production. Moderniser une ligne, remplacer une machine ou reconstruire un bâtiment ne garantit pas la pérennité des savoir-faire. La question se pose alors : quelle valeur a une politique industrielle si ces connaissances ne circulent pas au-delà de ceux qui les détiennent ?

Recruter ne suffit pas à faire vivre les savoir-faire

Pour 2026, l’industrie française prévoit 211 910 recrutements, dont 47,9 % sont jugés difficiles par les employeurs. Toutefois, le simple fait de recruter ne garantit pas que les nouveaux arrivants maîtrisent les spécificités d’une ligne ou d’un produit. Dans une usine agroalimentaire, par exemple, le passage de quinze à plusieurs centaines de salariés en pleine saison pose des défis en matière de qualité, surtout lorsque l’expérience est concentrée entre quelques mains.

L’expert augmenté formera-t-il encore sa relève ?

Face à cette problématique, la tendance est de confier davantage de tâches aux salariés expérimentés, soutenus par l’automatisation. Bien que cela semble rationnel, cette approche pourrait mener à une impasse. Sans nouveaux arrivants, qui deviendra expert ? L’histoire industrielle montre que les compétences ne se maintiennent pas uniquement par la présence de ceux qui les détiennent, mais par leur circulation et leur confrontation à de nouvelles situations.

Le logiciel facilite la transmission sans remplacer l’expérience humaine

Le logiciel industriel joue un rôle clé entre la formation et la production. En étant relié à l’ordre de fabrication et aux données des machines, il permet de fournir les informations nécessaires au bon moment. Cependant, aucune interface ne peut remplacer des années de pratique. Les connaissances doivent être formalisées et régulièrement mises à jour, car une instruction trop rigide risque de nuire à la compréhension.

L’apprentissage doit se poursuivre au contact des réalités propres à chaque site. Les organismes de formation et les entreprises doivent établir des liens entre les connaissances acquises et les situations rencontrées en production. Préserver un savoir-faire nécessite de donner à d’autres les moyens de le comprendre et de l’exercer, afin que l’expérience des opérateurs puisse guider les nouveaux arrivants.

Source : France Travail, enquête « Besoins en main-d’œuvre 2026 ».

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