La colère gronde dans les casernes : les pompiers remontés après une réunion au ministère de l’Intérieur
Date : 8 septembre 2026 à 18h03
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Mardi 8 septembre, les sapeurs-pompiers ont exprimé leur mécontentement à l’issue d’une réunion avec la direction générale de la Sécurité civile au ministère de l’Intérieur. L’intersyndicale a été présentée avec les grandes lignes d’un projet de loi de modernisation de la Sécurité civile, qui a suscité des réactions négatives.
Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale, a déclaré : « On nous avait annoncé une rénovation de fond. Nous découvrons aujourd’hui un catalogue de mes qui relève davantage du choix du papier peint que de la réparation des fondations. » Cette rencontre marque également le début d’une mobilisation pour réclamer davantage de moyens et d’embauches, suite aux incendies dévastateurs de cet été.
Seuls 21 articles ont été présentés, se concentrant sur la redéfinition des missions et de la gouvernance de la Sécurité civile. Aucun engagement n’a été pris concernant le financement de postes supplémentaires, l’équipement ou la santé au travail. « Dès que l’on pose la question des moyens, on nous dit d’attendre le projet de loi de finances », a ajouté Xavier Boy.
Le volet sur le « renforcement de la lutte contre l’incendie et les feux de forêts » n’a pas été abordé, mais reporté à une date ultérieure. Rémy Chabbouh, secrétaire national Sud-SDMIS, a critiqué cette décision : « Les incendies de cet été ont permis une prise de conscience sur la situation catastrophique en termes de moyens dans laquelle nous sommes. »
Faire entendre « la colère qui gronde dans les casernes »
À proximité du ministère, les sapeurs-pompiers ont exprimé leur surprise face à certains articles, comme celui consacré à la protection des biens culturels ou la création de nouveaux postes de directeurs départementaux adjoints. L’intersyndicale a souligné que, malgré l’augmentation des interventions et des crises, les effectifs et les moyens matériels n’ont pas suivi. Depuis 2000, 30 % des centres de secours ont fermé, et 61 % d’entre eux dépendent uniquement de sapeurs-pompiers volontaires. De plus, le nombre d’engins dédiés à la lutte contre les feux de forêt a diminué d’environ 1 000 unités.
Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle révèle des choix politiques et organisationnels accumulés depuis plusieurs années. Mobilisés jusqu’au 20 octobre, date du vote du budget, les sapeurs-pompiers prévoient d’intensifier leur action. Ils se rassembleront sur le Champ de Mars à Paris le 27 septembre, suivis d’un défilé le lendemain, avec pour objectif d’obtenir des décisions à la hauteur des défis auxquels leur système de secours est confronté.
Source : Reporterre

