Dario Gjergja attaque le Limoges CSP aux prud’hommes pour 350 000 euros
Mise à pied en avril dernier après une saison noire sur le plan sportif et humain, la rupture entre le Limoges CSP et son ancien entraîneur croate Dario Gjergja se règlera devant la justice. Ce dernier conteste son licenciement pour faute grave et réclame le paiement de ses salaires jusqu’en 2028.
À Limoges, le passage de Dario Gjergja restera comme le premier grand échec d’une carrière pourtant couronnée de succès. Fort de ses 14 titres de champion de Belgique glanés à Ostende, le technicien croate de 51 ans a vécu une saison cauchemardesque sur le banc du CSP. Le bilan comptable est sans appel : 17 défaites pour seulement 7 victoires avant sa mise à pied au début du mois d’avril. Le club avait pourtant placé une confiance aveugle en lui en lui offrant, dès le mois de novembre, une prolongation de contrat d’un an le liant au CSP jusqu’en juin 2028.
La mécanique s’est très vite enrayée. Handicapé par des bless à répétition au sein de l’effectif, le coach a également souffert d’une rupture progressive du dialogue avec certains cadres du vestiaire. Le point de rupture a été atteint en mars lors d’un déplacement traumatisant à Chalon-sur-Saône. Balayés 109 à 56, les Limogeaux ont subi la pire défaite de l’histoire du club, une déculottée symbole d’une crise profonde qui a scellé le sort de l’entraîneur quelques semaines plus tard.
En licenciant Dario Gjergja pour faute grave, la direction du Limoges CSP espérait se séparer de son entraîneur sans avoir à lui verser de lourdes indemnités de départ. Cependant, les négociations financières engagées entre les deux parties ont tourné au dialogue de sourds. Aujourd’hui recasé comme entraîneur du KK Sarajevo (champion de Bosnie) et sélectionneur de l’équipe nationale bosniaque, le technicien a décidé de porter l’affaire sur le terrain judiciaire : il saisit le conseil de prud’hommes et réclame 350 000 euros, soit l’équivalent de l’intégralité de ses salaires jusqu’à la fin théorique de son contrat, assorti d’une indemnité pour préjudice porté à son image.
Une audience de conciliation doit se tenir d’ici la fin de l’année, à moins qu’un accord amiable de dernière minute ne soit trouvé. Toutefois, la victoire aux prud’hommes est loin d’être acquise pour le Croate : dans une procédure similaire, l’ancien directeur sportif du CSP, Kevin Anstett, a été débouté en décembre dernier alors qu’il réclamait 200 000 euros à l’entité limougeaude. L’affaire sera rejugée en appel.
Source : France 3 Régions
