Projet de CRA à Nantes : Début des travaux malgré les recours
L’autorisation environnementale nécessaire à la construction du centre de rétention administrative (CRA) de Nantes a été délivrée le 1er septembre. Cependant, alors que plusieurs recours ont été déposés, des arbres sont déjà en train d’être abattus sur le futur site, suscitant l’indignation des associations locales. Un rassemblement est prévu ce mardi 8 septembre devant la préfecture.
Administrativement, le projet est en marche. Avec le permis de construire et l’autorisation environnementale en main, l’État n’a plus d’obstacle légal pour commencer les travaux. Néanmoins, des opposants au projet, qui contestent notamment le programme d’intérêt général, ont déposé deux recours le mois dernier. Malgré cela, des engins de chantier étaient déjà actifs sur le site le 7 septembre, déracinant une bande de terrain d’environ 20 mètres de large sur 50 mètres de long.
Erell Olivo, membre de l’Association des riverains et amis de la Beaujoire, a exprimé son choc face à cette situation : « Un arbre est coupé en 30 secondes, c’est hyper violent. Je suis en colère. Comment compenser un bois de 70 ans ? C’est un îlot de fraîcheur pour les habitants. » Maître Richard Allioux, avocat en droit de l’urbanisme, a précisé que le dépôt d’un recours ne suspend pas automatiquement le projet, permettant ainsi aux travaux de commencer avant qu’un éventuel jugement ne soit rendu.
Au total, ce sont 4 hectares de végétation et de zone humide qui seront artificialisés, une superficie comparable à celle du Jardin des Plantes à Nantes. Erell Olivo a souligné que même si les recours aboutissent, les dommages seront déjà faits : « Ils dézinguent tout, les gros arbres qui font la richesse de ce monde sont détruits. »
Des incidents récents ont également été signalés, avec dix personnes placées en garde à vue pour avoir planté des clous dans les arbres destinés à être abattus, un acte qui pourrait causer des bless aux bûcherons.
Ce projet fait partie d’un plan plus large, lancé par l’ancien ministre de l’Intérieur Gérard Darmanin, visant à construire sept nouveaux centres de rétention pour atteindre 3 000 places d’ici 2027. Les avis sur le plan environnemental sont largement défavorables, notamment de la part du Conseil scientifique régional du patrimoine naturel des Pays de la Loire et de la Commission locale de l’eau de l’Estuaire de la Loire.
La préfecture des Pays de la Loire n’a pas encore répondu aux demandes de commentaires concernant cette situation. Un rassemblement est prévu à 18 h 30 ce mardi, où plusieurs associations se mobiliseront pour dénoncer ce projet jugé inhumain.
Source : France 3 Régions

