Stihl préconise une semaine de 40 heures sans compensation pour les travailleurs allemands

Des dirigeants allemands demandent une augmentation du temps de travail sans compensation salariale

Des dirigeants de l’industrie allemande, notamment Nikolas Stihl, patron du fabricant de tronçonneuses Stihl, ont récemment appelé à une renégociation avec les syndicats pour porter la durée de travail hebdomadaire de 35 à 40 heures sans augmentation de salaire. Ils soulignent que les coûts de main-d’œuvre élevés, combinés à une érosion de la productivité, mettent en péril la compétitivité des entreprises.

En Allemagne, la durée légale du travail est fixée à 40 heures par semaine. Cependant, des secteurs tels que l’automobile et la métallurgie bénéficient d’exceptions historiques, ayant obtenu une réduction à 35 heures suite à des grèves dans les années 1980. Actuellement, environ 20 % des salariés allemands, surtout dans des secteurs clés, profitent de cette dérogation.

Nikolas Stihl a affirmé : « Nous ne bénéficions plus de l’avantage de productivité sur nos principaux concurrents qui justifiait nos coûts de main-d’œuvre élevés. C’est pourquoi je préconise une augmentation du temps de travail hebdomadaire à 40 heures, sans aucune compensation salariale. » Selon lui, cette me est essentielle pour maintenir la production en Allemagne et préserver les emplois.

Parallèlement, Martin Brudermüller, président du conseil de surveillance de Mercedes-Benz, a exprimé des préoccupations similaires, soulignant la nécessité de rendre le coût du travail plus compétitif. Il a déclaré que réduire les salaires serait inacceptable, et qu’il est « raisonnable d’attendre des employés qu’ils travaillent à nouveau plus longtemps ».

Ce débat intervient dans un contexte de crise pour l’économie allemande, particulièrement pour l’industrie, avec des prévisions de croissance revues à la baisse et des entreprises comme Volkswagen annonçant la suppression de 100 000 emplois d’ici 2030. La production industrielle a chuté de plus de 15 % depuis 2017, en raison de divers facteurs, y compris la montée des coûts de l’énergie et la concurrence accrue.

Le syndicat IG Metall s’oppose fermement à cette proposition, affirmant qu’une augmentation du temps de travail sans compensation pourrait entraîner des suppressions d’emplois. Nadine Boguslawski, responsable des négociations collectives, a averti que cela pourrait réduire le besoin de main-d’œuvre.

Actuellement, les Allemands travaillent en moyenne 37,8 heures par semaine, une durée inférieure à celle de nombreux autres pays de l’OCDE, en grande partie à cause de la forte proportion de travailleurs à temps partiel, notamment chez les femmes.

Source : BFM TV

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