Rentrée difficile à l’université : hausse des étudiants, manque de professeurs et budget limité.

Rentrée tendue à l’université Paul-Valéry de Montpellier

L’université Paul-Valéry de Montpellier a fait sa rentrée ce lundi 7 septembre 2026, et le manque de dotation de l’État se fait déjà ressentir. En déficit depuis six ans, la faculté des Lettres voit son budget toujours plus restreint. Réduire drastiquement le nombre d’étudiants devient une solution de plus en plus mise en avant.

Ambiance tendue pour la rentrée à l’université Paul-Valéry de Montpellier, ce lundi 7 septembre 2026. Ils sont 23 000 étudiants à avoir passé les portes de cette faculté de lettres et de sciences sociales cette année, mais la situation est loin d’être optimale. Le manque de dotation de l’État pèse lourdement sur les finances, cette université étant l’une des moins bien dotées de France.

Chaque année, le déficit de l’établissement avoisine les huit millions d’euros. Comblé un temps par son fonds de roulement, le manque d’argent se fait désormais sentir, et les dirigeants sont de plus en plus démunis face à des injonctions contradictoires.

« Il n’y a pas assez de personnel, on doit faire appel à des contractuels, donc on commence la rentrée avec des TD sans enseignants. Certains de mes collègues doivent faire des doubles services, parfois on est obligés de regrouper des étudiants », déplore Anne Fraïsse, présidente de l’université.

Dans certaines filières, 20 % des élèves sont dénués d’enseignants-chercheurs face à eux, as Fabien Bon, étudiant élu au conseil d’administration (membre de SCUM, syndicat de Combat Universitaire de Montpellier). « Ce sont des chargés de TD, des contractuels, des doctorants », énumère-t-il.

Les enseignants sont également inquiets. Isabelle Felici, représentante de la CGT de l’université et professeure d’études italiennes, déclare : « C’est structurel, on sait qu’il y a de moins en moins d’argent. On a un sentiment de dégoût face à ce mépris qu’on subit. On est obligé de chercher des personnes précaires, alors qu’il suffirait de recruter davantage. »

Depuis la création de Parcoursup en 2018, le nombre d’élèves dans les universités n’a cessé d’augmenter. « On nous dit qu’on est formaté pour 17 000 élèves, pourtant on en a 23 000, donc qu’est-ce qu’on fait des 6 000 supplémentaires ? », interroge Anne Fraïsse. La seule solution semble être de réduire le nombre d’étudiants conformément aux demandes de l’État.

Chaque année, 25 % des étudiants de première année de licence ne se présentent jamais aux examens, as la présidente, pour autant ils sont bel et bien inscrits dans l’établissement. « On nous demande des choses contradictoires, en même temps de monter le niveau de nos formations, et d’un autre côté, d’accueillir tout le monde », critique-t-elle.

« C’est complètement aberrant : on nous laisserait faire le sale travail. Où est-ce qu’on va mettre tous ces jeunes, et quelles perspectives d’avenir on leur donne ? », s’interroge Isabelle Felici.

Cette situation ne convient pas à Fabien Bon, qui martèle : « On revendique que chaque étudiant puisse avoir accès aux études de son choix en licence comme en master. » Les syndicats d’étudiants et de professeurs, ainsi que la direction de l’université, continuent d’espérer des dotations supplémentaires pour tenter d’accueillir tous les élèves qui souhaitent intégrer l’établissement.

Article écrit avec des éléments de Sébastien Banus et Yannick Le Teurnier.

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