Disparités d’accès aux ressources en 2050, selon une étude du MIT
Une étude récente coécrite par des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) prédit des disparités significatives dans l’accès à la nourriture, à l’eau et à l’énergie d’ici 2050, en fonction des régions, des ressources et des niveaux de revenu.
Les résultats de cette recherche, qui repose sur des modélisations approfondies, indiquent que dans certaines régions, les personnes à faible revenu pourraient consacrer environ 50 % de leur revenu à l’alimentation, tandis que les groupes à revenu élevé pourraient n’en dépenser que 5 % dans les mêmes zones. Jennifer Morris, chercheuse principale au MIT, souligne que cette situation pourrait engendrer une insécurité alimentaire accrue pour les groupes à faible revenu, rendant leur vie financière instable.
L’étude se concentre sur l’évolution de l’accès à ces ressources en tenant compte de divers facteurs influençant leur disponibilité, tels que les conditions économiques, la production agricole, le climat, et l’utilisation des terres. Gi Joo Kim, chercheur à l’Université de Tulane, précise qu’il n’existe pas de facteur unique déterminant l’insécurité alimentaire, énergétique et hydrique. Il souligne l’importance d’analyser les combinaisons de facteurs spécifiques à chaque région pour mieux comprendre les vulnérabilités.
L’article, intitulé « Identifying Key Uncertainties and Drivers of Future Resource Security Outcomes Through a Multisector Scenario Ensemble », a été publié dans la revue Earth’s Future. En plus de Morris et Kim, les co-auteurs incluent des chercheurs de diverses institutions, dont le Pacific Northwest National Laboratory et l’Université de Stanford.
L’étude remplit un vide dans la modélisation des questions de sécurité des ressources à long terme. Les chercheurs ont utilisé le Global Change Analysis Model (GCAM) pour simuler 3 735 scénarios différents, en intégrant 12 variables principales liées à la disponibilité des ressources. Les résultats montrent des variations régionales significatives, avec une insécurité alimentaire potentiellement plus aiguë en Afrique subsaharienne et des problèmes d’accès à l’énergie pour les résidents à faible revenu en Asie, en Europe de l’Est et au Moyen-Orient.
Dans certaines parties de l’Afrique du Sud, par exemple, les 10 % les plus pauvres pourraient dépenser jusqu’à 49,6 % de leur revenu pour se nourrir, tandis que les 10 % les plus riches ne dépenseraient que 5,5 %. Les chercheurs notent également que les moyennes régionales peuvent masquer des risques d’insécurité pour les populations les plus vulnérables.
Les résultats de cette étude fournissent un nouvel éclairage pour les décideurs politiques concernant l’approvisionnement à long terme en ressources au sein de leurs sociétés. Les projections réalisées pourraient aider à identifier les conditions qui entraînent des résultats différents en matière de sécurité des ressources.
Cette recherche a été soutenue par le Département de l’Énergie des États-Unis, l’Université de Stanford et la Fondation nationale de recherche de Corée.
Source : MIT News

