« Nous sommes au bout, nous n’avons plus de budget » : les sapeurs-pompiers en grève pour réclamer des moyens
La colère gronde chez les sapeurs-pompiers, qui viennent de sortir d’un été marqué par d’intenses feux de forêts. Ce mardi 8 septembre 2026, ils entament une grève de six semaines pour demander de meilleurs financements et une augmentation des effectifs des professionnels.
Peter Gurruchaga, sapeur-pompier dans l’Oise et représentant CGT des services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), a déclaré sur le plateau de Télématin : « Les sapeurs-pompiers sont la roue de secours quand tous les autres services publics s’écroulent, au fur et à me, par manque de financements. Nous sommes au bout, nous n’avons plus de budget, et nous sommes obligés de nous reposer sur les sapeurs-pompiers volontaires. »
Le manque de moyens a conduit le Samu et la police à envoyer les sapeurs-pompiers sur des interventions qui ne relèvent pas de leur compétence. Gurruchaga a souligné que ces missions, comme intervenir pour des personnes en état d’ivresse sur la voie publique, posent des problèmes de sécurité.
Il a également noté que le temps d’intervention a augmenté de deux minutes par rapport à il y a dix ans, portant le délai à 15 minutes pour se rendre sur un lieu d’intervention. « Quand on a une personne en arrêt cardio-respiratoire, 15 minutes, autant repeindre nos camions en noir… », a-t-il déploré.
Les sapeurs-pompiers dénoncent aussi l’absence de reconnaissance de certains cancers comme maladies professionnelles et le manque de matériel. Lors des récents feux en Gironde, il a été rapporté que des collègues étaient mal équipés, avec des protections insuffisantes. De plus, depuis 2010, mille camions-citernes dédiés aux feux de forêt ont été perdus, alors que les incendies se multiplient sous l’effet du dérèglement climatique.
Enfin, Gurruchaga a indiqué que le système repose trop sur le volontariat, précisant que dans de nombreux Sdis, les volontaires réalisent les mêmes tâches que les professionnels, mais pour une rémunération de 4 € de l’heure. La profession réclame ainsi 21 000 sapeurs-pompiers professionnels supplémentaires et un engagement pérenne pour les volontaires.
Source : Ouest-France

