Il dénonce son collègue pour vol, mais c’est lui que l’entreprise licencie : la justice annule son licenciement et l’indemnise
Un salarié d’une usine du Nord de la France a vu son licenciement pour faute grave annulé par la justice, suite à un appel concernant un vol présumé. En mai 2022, alors qu’il travaillait de nuit, il aperçoit un collègue emportant des barres métalliques. Convaincu d’assister à un vol, il alerte son chef d’équipe, qui lui as que la récupération du métal était autorisée. Ne convainquant pas, le salarié décide de contacter directement le directeur du site pour signaler la situation.
L’information se propage rapidement, et le même jour, une altercation éclate entre les deux hommes. Quelques jours après cet incident, le salarié qui avait dénoncé la situation reçoit une lettre de licenciement, l’accusant d’avoir provoqué la rixe et d’avoir ignoré les consignes hiérarchiques.
Embauché depuis 2013, le salarié conteste son licenciement devant le conseil de prud’hommes, mais est débouté en première instance. Il fait appel, arguant que sa dénonciation était de bonne foi et relevait de sa liberté d’expression, protégée par le Code du travail. L’entreprise, pour sa part, évoque un « comportement provocateur » et des « mauvaises relations » déjà signalées lors d’un entretien annuel.
La Cour d’appel, après avoir examiné les éléments, conclut que le salarié a agi sans intention de nuire. Elle souligne qu’aucune preuve ne démontre une volonté de porter atteinte à son collègue. En conséquence, le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse.
L’entreprise est condamnée à verser à son ancien salarié près de 25 480 euros, comprenant des indemnités de préavis, de congés payés, une indemnité légale de licenciement, des dommages et intérêts, ainsi que des frais de justice. De plus, elle devra rembourser jusqu’à six mois d’allocations chômage à France Travail.
Source : Le Figaro
