Des légumes exposés au Palais des congrès lors de deux congrès simultanés.

La vie, la ville | Des légumes entre deux congrès au Palais des congrès

Des légumes entre deux congrès au Palais des congrès

Le rendez-vous est fixé à la sortie de la station de métro Place-d’Armes, devant le Couche-Tard. Difficile de croire que nous allons visiter une ferme maraîchère deux minutes plus tard. Celle située sur le toit du Palais des congrès, entourée des gratte-ciel du Quartier international.

La ferme, qui souligne son 15e anniversaire, est gérée par le Laboratoire sur l’agriculture urbaine (AU/LAB) depuis une décennie. Elle demeure méconnue, bien que sa superficie atteigne aujourd’hui 3250 mètres carrés. « Les toits maraîchers, c’est bien parce qu’il n’y a pas d’écureuils, mais les gens ne les voient pas ! », lance le directeur scientifique Éric Duchemin.

Cet été, le grand public a eu plusieurs occasions d’y avoir accès, notamment avec des événements gastronomiques. La prochaine opportunité sera le 13 septembre, dans le cadre des portes ouvertes de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Les chefs de Mélisse, d’Othym et du restaurant de l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ) s’approvisionnent déjà avec les récoltes du toit du Palais des congrès. « On donne 50 % de notre production à des banques alimentaires », ajoute Éric Duchemin. C’est aussi un espace d’expérimentation et de recherche. Cet été, le jardin a testé un hybride de piment fort (« Hell Carrot ») pour La Pimenterie, un important acheteur dont les sauces piquantes ont été en vedette dans la populaire émission Hot Ones.

La ferme attire l’attention de nombreux visiteurs séjournant dans les hôtels environnants de la rue Saint-Antoine, dont le Westin. « Nous avons fait un événement récemment avec des concierges d’hôtel pour leur dire que c’est une ferme maraîchère pionnière et unique au monde », indique Véronique Lemieux, fondatrice de Vignes en ville et ambassadrice de la ferme maraîchère.

Les travaux réalisés il y a trois ans ont permis l’aménagement d’un « véritable » toit vert. « Avant, tout était cultivé dans des sacs sans membrane », précise Éric Duchemin. Pour le Palais des congrès, cela constitue une valeur ajoutée pour attirer des événements. À l’origine, en 2011, le toit vert a été créé pour attirer le congrès Ecocity World Summit.

Véronique Lemieux, qui a étudié la vinification à l’Université Cornell, a intégré dans ses cuvées des raisins issus des vignes du toit du Palais des congrès. « Je suis devenue vigneronne par accident », résume-t-elle.

L’agriculture urbaine présente des avantages qui vont au-delà des récoltes. « C’est de créer de la vie en ville dans un espace où il y en avait zéro », explique Véronique Lemieux. Des insectes pollinisateurs s’y réfugient et l’eau de pluie est captée, rendant la ville plus belle et résiliente.

Safran Montréal utilise également le toit du Palais des congrès comme laboratoire, avec une safranière urbaine en plein cœur du centre-ville de Montréal.

Source : La Presse

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