Le thymus, un organe clé insoupçonné du système immunitaire
Une équipe de chercheurs du prestigieux réseau hospitalier de Harvard, aux États-Unis, a découvert qu’un organe, le thymus, longtemps considéré comme totalement inutile après l’adolescence, pourrait, en réalité, jouer un rôle bien plus important que prévu.
Le thymus est une petite glande en forme de papillon située derrière le sternum. Son rôle est d’aider les lymphocytes T, souvent décrits comme les « soldats d’élite » du système immunitaire, à distinguer les agents dangereux à combattre, tels que les bactéries, les virus ou les cellules cancéreuses, des cellules normales de l’organisme. Il fonctionne comme un camp d’entraînement pour ces lymphocytes.
Jusqu’à présent, les scientifiques pensaient que le thymus n’était utile que durant l’enfance. Une fois les lymphocytes suffisamment « entraînés », cette glande était considérée comme superflue. En effet, le thymus commence à rétrécir et à involuer dès la fin de l’adolescence.
Les chercheurs ont néanmoins découvert que, malgré son rétrécissement, le thymus conserve une utilité significative. Pour parvenir à cette conclusion, ils ont développé un modèle d’intelligence artificielle capable d’analyser les scanners thoraciques de plus de 27 000 adultes afin d’évaluer leur « santé thymique ». Les résultats indiquent que les personnes dont le thymus est en meilleur état affichent une meilleure santé, avec un risque réduit de maladies cardiovasculaires et de cancer du poumon.
Les scientifiques estiment avoir largement sous-estimé l’importance de cet organe, qui pourrait expliquer pourquoi certaines personnes vieillissent plus vite que d’autres ou réagissent différemment à un même traitement médical.
Pour préserver un thymus en bonne santé, les chercheurs soulignent plusieurs facteurs défavorables, tels que l’inflammation chronique, le tabagisme et l’excès de poids, qui pourraient contribuer à sa dégradation. Il est donc recommandé de les éviter autant que possible.
Les scientifiques poursuivent leurs recherches sur le rôle encore insoupçonné du thymus, dans l’espoir de mieux évaluer l’état de santé des patients et d’améliorer certains traitements, notamment l’immunothérapie.
Source : franceinfo
