Mobilisation des buralistes en Haute-Garonne : un appel à un moratoire sur les prix du tabac
Près de 400 buralistes du Sud-Ouest se sont rassemblés ce lundi 7 septembre à Muret, en Haute-Garonne, pour protester contre la hausse des taxes sur le tabac. La Confédération des buralistes dénonce un marché parallèle florissant, alimenté par des prix plus bas à l’étranger, et réclame un moratoire sur le prix du tabac. Les rassemblements se poursuivent jusqu’à vendredi.
Les buralistes, venus en bus de plusieurs départements, ont exprimé leur colère avec des pancartes affichant des messages tels que « Taxer nuit gravement à la survie de votre buraliste ». Frédéric Pailhé, président de la Fédération départementale et régionale, a souligné que la Haute-Garonne a perdu 107 buralistes en vingt ans, mettant en lumière une réalité préoccupante pour le secteur.
Le prix du paquet de cigarettes en France atteint actuellement 13 €, tandis qu’il est de 6 € en Espagne. Les commerçants critiquent une politique fiscale qu’ils jugent intenable, affirmant qu’elle pousse les clients vers le marché parallèle. « On ne conteste pas la nécessité d’une politique de santé publique, mais une politique de taxes qui pousse nos clients vers le marché parallèle », a déclaré Pailhé.
Jean-Marc Pascolini, buraliste à Mauvezin, a alerté sur le fait qu’un paquet sur deux vendu provient de la contrebande ou des achats transfrontaliers. Il a noté une baisse de son chiffre d’affaires de 4 à 5 % par mois, corrélée à l’augmentation du trafic de cigarettes illégales.
La profession a multiplié les efforts pour diversifier ses activités, incluant des services postaux ou la vente de produits variés. Cependant, beaucoup estiment que la diversification ne suffit plus à compenser la chute du nombre de clients. Éric, gérant d’un bureau de tabac, a averti que la fermeture d’un bureau peut entraîner la disparition du dernier commerce d’un village, affectant ainsi le lien social.
Serdar Kaya, président national de la Confédération, a appelé le gouvernement à répondre aux préoccupations des buralistes avant l’examen du budget en octobre, demandant un moratoire sur le prix du tabac et l’arrêt de son indexation automatique sur l’inflation.
Source : La Dépêche

