Si elle est élue, ce sera… : tensions internes au RN entre Le Pen et Bardella
À sept mois de l’élection présidentielle, des tensions internes se dessinent au sein du Rassemblement national (RN) entre Marine Le Pen et son potentiel Premier ministre, Jordan Bardella. Bien que l’ambiance officielle semble sereine, des divergences croissantes pourraient avoir des conséquences sur la dynamique du parti.
Les relations entre Le Pen et Bardella se sont tendues, notamment après l’accord controversé entre Bardella et Nigel Farage sur les migrants dans la Manche, qui a suscité des critiques tant à gauche qu’à droite. Le silence de Marine Le Pen à ce sujet a été particulièrement remarqué, renforçant les spéculations sur une fracture croissante entre les deux figures du RN.
Des sources internes rapportent que lors d’une réunion du bureau exécutif, Le Pen aurait dévoilé le titre du prochain livre de Bardella, Gouverner, provoquant un accès de colère chez ce dernier, qui aurait quitté la salle en lançant : « C’est elle ou moi! » Cette montée des tensions est exacerbée par le retour de Marion Maréchal, la nièce de Le Pen, qui pourrait revendiquer une place de choix au sein du parti.
Le clivage entre une approche sociale portée par Le Pen et une vision plus libérale défendue par Bardella se fait également sentir. Les deux leaders n’ont pas été vus ensemble depuis plusieurs mois et affichent des positions divergentes sur des sujets cruciaux tels que le port du voile et l’âge de départ à la retraite. Cette situation pourrait fragiliser l’unité du RN à l’approche des élections.
Des analystes politiques suggèrent que ces tensions pourraient mener à une division au sein du parti, déjà scindé entre une branche nord, plus sociale, et une branche sud, plus libérale. Olivier Truchot, commentateur politique, a même avancé que si Marine Le Pen était élue, Jordan Bardella ne serait pas son Premier ministre, remettant en question la stabilité de leur alliance.
Dans ce contexte, une possible nomination de Marion Maréchal à Matignon pourrait également se dessiner, soulignant la volonté du RN de maintenir le pouvoir au sein de la « famille » plutôt qu’avec des personnalités extérieures. Cette dynamique interne pourrait avoir des implications significatives pour la stratégie électorale et la gouvernance du RN, à l’approche d’un scrutin décisif.
Source : RMC/BFMTV.

