Pénurie de professeurs : de nombreux contractuels restent sans affectation dans l’éducation

Éducation. « Une situation alarmante » : de nombreux contractuels sans affectation malgré la pénurie de profs

Une situation alarmante : de nombreux contractuels sans affectation malgré la pénurie de profs

Scotchée à son téléphone, Andréa, une jeune professeure de 24 ans, attend un appel qui ne viendra pas. Après avoir échoué à obtenir son concours l’année précédente, elle espérait enseigner cette année grâce à son statut de contractuelle. Une semaine après la rentrée, aucune affectation ne lui a été proposée. « L’an dernier, j’avais eu la chance de décrocher un poste dès le jour de la rentrée », confie-t-elle. Cependant, cette année, près de 4 000 postes ont été supprimés en France, et la réforme du concours des enseignants, qui avance les épreuves d’admission à la fin de la licence, limite les opportunités pour les enseignants contractuels, qui représentent environ 2 % des professeurs des écoles publiques et 10 % à 11 % des enseignants des collèges et lycées publics, selon le ministère de l’Éducation nationale.

Dans l’académie de Paris, la situation est particulièrement préoccupante. À la fin du mois d’août, plusieurs centaines de contractuels ont été informés par mail que leur contrat ne serait pas renouvelé. Une cinquantaine d’entre eux ont manifesté devant le rectorat le 2 septembre. « On nous annonce que certains professeurs seront appelés en décembre pour combler les arrêts », déclare Sophie Vénétitay, secrétaire générale du Syndicat national des enseignements de second degré (Snes-FSU). Dans l’académie de Créteil, la CGT a déposé un dossier de 416 contractuels non renouvelés.

Le Snes-FSU souligne que la situation est « très alarmante ». Selon une étude récente, 69 % des 1 033 collèges et lycées enquêtés ont repris avec un membre de l’équipe pédagogique manquant, et 53 % d’entre eux manquent au moins un professeur. Cela montre un état de délabrement persistant du second degré en France.

Sophie Vénétitay précise que ces manques auront un impact sur la qualité d’apprentissage des élèves. « La France est la septième puissance mondiale, mais elle est incapable de recruter suffisamment d’enseignants pour asr la rentrée », ajoute-t-elle. De nombreux enseignants contractuels, comme Andréa, se voient contraints de trouver un travail de substitution en attendant de meilleures opportunités. Elle a même dû constituer un dossier auprès de France Travail pour demander des allocations chômage. Malgré cette situation difficile, Andréa espère préparer le concours pour obtenir un poste permanent dans l’académie d’Orléans.

Contacté, le ministère de l’Éducation nationale n’a pas pu répondre dans les délais impartis.

Source : DNA

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