Deux Corses fichés au grand banditisme interpellés par le RAID pour une agression à Nice
Ils comparaissent dans le box sous bonne garde policière, avec une certaine expérience et un bel aplomb. Les prétoires, Dominique Ambroggi et Pierre Balenci connaissent. Ces deux Corses sont fichés au grand banditisme et tous deux se sont déjà « fait la belle ».
Profil détonant que ceux des prévenus, ce lundi 7 septembre 2026 à Nice. Dominique Ambroggi, 58 ans, comparaît aux côtés de Pierre Balenci, 66 ans, et de la sœur de ce dernier, qui est aussi sa compagne. Nouveau rendez-vous avec la justice, qui ne connaît que trop bien ces deux noms.
Les deux hommes sont suspectés d’avoir commis une agression à domicile le 10 août dernier, à Nice-Ouest. La sœur et compagne serait impliquée pour avoir commandé le taxi qui les y a conduits. Tous trois nient en bloc.
La scène se déroule côté Fabron. Un entrepreneur quitte son domicile. Sa femme s’y trouve toujours. Soudain, la moustiquaire de la porte cède, et deux intrus font irruption. L’un des malfaiteurs est encagoulé, tandis que le second porte une perruque. Ils ne sont pas armés, mais projettent la femme au sol avant de la ligoter. La quinquagénaire se retrouve séquestrée dans son dressing, pieds et poings liés, bouche masquée par du ruban adhésif.
Les agresseurs emportent une tablette tactile, un téléphone portable, ainsi que des cartouches de cigarettes, et repartent à bord d’une Renault Clio. Un renseignement les aurait mis sur la piste d’un coffre-fort, mais le tuyau était manifestement percé.
Condamnés à la perpétuité
Le service local de police judiciaire (SLPJ) de Nice mène l’enquête. Ils ciblent un employé de l’entrepreneur cambriolé, qui avait donné une seconde chance à Dominique Ambroggi, malgré son lourd casier judiciaire. En 1996, il est condamné pour le braquage d’un fourgon postal commis en 1995. Surtout, le 31 décembre 1996, il abat avec un fusil de chasse un homme qui a témoigné contre lui lors de ce procès, ainsi que la compagne de la victime.
Interpellé une première fois, Dominique Ambroggi s’évade de la prison de Borgo (Haute-Corse), avec « le roi de l’évasion » Joseph Menconi. Il sera condamné par contumace pour assassinat et meurtre. Rattrapé en 2004, il est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine de sûreté de 18 ans.
« J’ai un respect, un savoir-vivre »
Depuis deux ans, Dominique Ambroggi est en liberté conditionnelle. Mais à la cinquantaine et avec un tel pedigree, il n’était pas évident de retrouver du travail. Aurait-il mordu la main qui l’a nourri ? Pas son genre, as l’intéressé. « Je n’ai rien à dire ni pour, ni contre eux », as-t-il en évoquant le couple cambriolé. Il s’adresse à leur avocate, Me Valérie Serra : « Ils ont toujours été là pour moi. J’ai un respect, j’ai un savoir-vivre. Je ne comprends pas d’être accusé de la sorte », se défend-il avec son accent corse.
Pierre Balenci, lui aussi, a fait valoir son droit au silence. Son casier judiciaire est particulièrement fourni, avec une dizaine de condamnations, souvent à de lourdes peines, de 1980 à 2022, d’Ajaccio à Angers.
« Je n’ai plus rien à vous dire »
Pierre Balenci a été acquitté des faits les plus graves : la mort de Jacques Ettori, à Sartène (Corse-du-Sud), le 4 septembre 2010. Ce jour-là, cinq balles l’ont atteint lors d’une tentative de règlement de comptes. Il a riposté et tué l’un de ses agresseurs, s’en tirant avec quatre ans de prison pour port d’arme.
Sa sœur, elle aussi, nie toute implication, mais se montre plus prolixe. « Je suis un peu sourde depuis qu’on m’a fait éclater une porte dans la tête », s’offusque-t-elle en évoquant l’intervention du RAID dans le centre-ville de Nice. Elle invoque des problèmes de santé, affirmant n’avoir rien à se reprocher.
La défense, assurée par Mes Abdellatif Kerzazi, Brigitte Mindeguia et Baptiste Bermondy, plaide le contrôle judiciaire. Cependant, le tribunal entend prévenir tout risque de concertation, d’ici le procès au fond, renvoyé au 9 novembre. D’ici là, tous trois partent en détention provisoire.
Source : Nice Matin
