Des petits commerçants burundais cherchent à quitter le Kenya après les menaces d’expulsions du président Ruto
Au Kenya, des milliers de Burundais se sont rendus, ce lundi 7 septembre, à leur ambassade à Nairobi. Ils sont venus demander leurs papiers afin de rentrer chez eux au plus vite. Jeudi 3 septembre, le président kényan, William Ruto, a annoncé que les commerçants étrangers sans permis de travail seraient expulsés. Cette annonce a créé un vent de panique au sein de la communauté burundaise.
Les files d’attente s’étendent sur des centaines de mètres. Stanislas, qui vit au Kenya depuis six ans et tient une petite échoppe, exprime son inquiétude : « Nous avons besoin de documents pour traverser la frontière. De l’autre côté, les familles vont nous accueillir. Le plan, c’est de faire des petits travaux pour survivre. Je ne m’attendais pas à ça. Le jour où j’ai entendu la décision du président, mon cœur a tremblé. »
Evariste, un autre commerçant, se sent mal à l’aise après avoir dépensé ses derniers shillings pour les photocopies nécessaires à sa demande : « Cela fait trois ans que je suis au Kenya. Au Burundi, il n’y a pas de travail. » Sanguiva, un trentenaire dans le commerce d’arachides, craint pour son avenir : « Je vais devoir travailler dans l’agriculture au Burundi. Je me sens mal, car l’argent que j’ai gagné ici ne pourra pas être gagné là-bas. »
Le ministère des Affaires étrangères burundais a annoncé l’envoi de bus au Kenya pour faciliter le retour de ses ressortissants.
L’annonce de William Ruto a engendré une montée de la peur parmi la communauté burundaise. Vince, installé au Kenya depuis quatre ans, redoute une poussée xénophobe : « Ici, nous avons peur parce que des personnes ont déjà été battues. Le sentiment n’est pas bon. »
Plusieurs mouvements de la société civile kényane et des partis d’opposition ont exprimé leur solidarité envers les Burundais. Friedrich Ojiro, de l’organisation Vocal Africa, a déclaré : « La solution à nos problèmes, c’est l’émancipation économique, des emplois décents, l’industrialisation et la justice sociale. »
D’après le Département des services pour les réfugiés du Kenya, le pays abrite aujourd’hui près de 34 000 demandeurs d’asile burundais.
Source : RFI

