En immersion avec la CGLPL : Mathieu Sapin dévoile la réalité des prisons françaises
Le titre de la nouvelle bande dessinée de Mathieu Sapin, En liberté, fait référence à la latitude laissée par Dominique Simonnot, Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), pour partager avec le public la situation des détenus. Après une année d’immersion avec elle et ses équipes, Sapin met en lumière les conditions de vie derrière les barreaux, alliant sensibilité et humour.
Sa bande dessinée, publiée chez Dargaud, est qualifiée de « restitution du réel ». Lors d’une dédicace à la librairie Les Traversées, Sapin souligne que le dessin permet d’être descriptif tout en restant accessible. Cette initiative, proposée par Yanne, collaboratrice de Simonnot, vise à ouvrir les yeux des citoyens sur le thème sérieux de l’enfermement.
Dominique Simonnot, qui termine son mandat de six ans en octobre, exprime sa fierté face à ce travail qui synthétise les enjeux de sa mission. Elle évoque les batailles menées aux côtés d’avocats et d’associations, comme l’OIP (Observatoire international des prisons). Elle précise que les résultats des recommandations peuvent prendre un à deux ans, mais espère que son combat pour la dignité des personnes privées de liberté se poursuivra.
Conditions de vie alarmantes
Sapin, se mettant dans la peau d’un personnage candide, invite les lecteurs à découvrir sa cellule au QLCO de Vendin-le-Vieil, où sont isolés des parrains du narcotrafic. Il s’y est enfermé pour apprécier la valeur de la liberté. Sa première halte le mène au commissariat des Lilas, où il décrit des cellules « infectes » et des conditions d’hygiène déplorables, avec des toilettes nettoyées une fois par mois.
Les visites se poursuivent au tribunal judiciaire de Bobigny, où le dessinateur note l’atmosphère kafkaïenne. À Marseille, il rencontre des mineurs détenus, constatant le manque de personnel et le désarroi des jeunes enfermés.
Statistiques carcérales préoccupantes
Au 1er août, le taux de surpopulation carcérale en France atteignait 141,6 %, avec des taux allant jusqu’à 175 % dans certaines maisons d’arrêt. Les prisons comptent 89 668 détenus pour 63 303 places disponibles, ce qui place la France parmi les pays européens les plus en difficulté en matière de conditions de détention.
La bande dessinée En liberté de Mathieu Sapin, qui comprend 96 pages, est une tentative de sensibiliser le public à ces réalités souvent ignorées.
Source : Actu Juridique
