Présidentielle : la candidature du communiste Fabien Roussel, une épine dans le pied de Jean-Luc Mélenchon ?
Fabien Roussel, le candidat communiste à l’élection présidentielle, a récemment dévoilé son affiche de campagne, marquée par un slogan fort : « VIVRE ! ». Le secrétaire national du Parti communiste français (PCF) y apparaît en buste sur un fond coloré, évoquant l’esthétique des années 1960, période où le PCF dépassait les 20 % aux élections. Dans un contexte où une dizaine de candidats se positionnent à gauche, Roussel a officialisé sa candidature lors d’une intervention au JT de TF1, affirmant avoir un projet de rupture pour la France.
Le maire de Saint-Amand-les-Eaux a souligné son intention de répondre aux souffrances des Français, notamment en matière de pouvoir d’achat. Ian Brossat, sénateur et directeur de campagne, a précisé que le slogan vise à affirmer le droit à une vie sereine au quotidien. Le lancement officiel de la campagne se fera lors de la Fête de l’Humanité, où Roussel participera à un premier meeting.
Morcellement de la gauche radicale
Le 40e congrès du PCF a vu les militants choisir Roussel comme candidat, avec 72,06 % des voix lors d’une consultation interne récente. Toutefois, certains, comme Stéphane Peu, chef de file des députés communistes, ont exprimé des doutes quant à cette candidature, appelant à une union avec La France insoumise (LFI). Les dirigeants de LFI ont également réagi avec amertume, soulignant que les députés de LFI et du PCF votent souvent ensemble à l’Assemblée nationale.
« La candidature de Fabien Roussel n’a pas vocation à fragiliser la gauche »
Ian Brossat a défendu la candidature de Roussel, affirmant qu’elle apporte des spécificités essentielles, notamment en matière de réindustrialisation et d’énergie. Jean-Luc Mélenchon, ancien candidat communiste, a exprimé son incompréhension face à cette divergence stratégique, soulignant les craintes d’une dilution du PCF au sein de LFI.
Des électorats qui ne se superposent pas
Des études montrent que les électeurs communistes et insoumis, bien que proches, présentent des différences significatives. En 2022, Roussel a obtenu 2,28 % des suffrages, et les électeurs du PCF semblent davantage fidèles à leur parti qu’à un vote utile. Actuellement, Roussel est crédité d’intentions de vote similaires à celles de 2022, entre 2 et 3,5 %, tandis que Mélenchon est souvent donné au second tour avec des intentions de vote avoisinant les 15 à 18 %.
Cette situation pourrait avoir des implications pour la dynamique électorale de la gauche, alors que l’élection présidentielle approche.
Source : Public Sénat

