La France peut-elle gagner de l’argent grâce à sa propre dette ?
La dette publique française atteint des sommets, s’élevant à 3 460 milliards d’euros, dont 550 milliards sont détenus par la Banque de France, propriété de l’État. Cette situation soulève une question cruciale : la France peut-elle tirer profit de sa propre dette ?
Jordan Bardella, président du Rassemblement National, avance que les intérêts versés par l’État sur la dette détenue par la Banque de France sont reversés à l’État sous forme de dividende. Cependant, Manuel Bompard, député de La France Insoumise, conteste cette affirmation en rappelant qu’aucun dividende n’a été versé par la Banque de France à l’État depuis 2021.
La Banque de France, fonctionnant comme une entreprise, peut afficher un bilan positif ou négatif selon ses revenus. Lorsqu’elle génère des bénéfices, une partie peut être attribuée à son unique actionnaire, l’État. Ce mécanisme a permis à l’État de bénéficier de dividendes entre 2015 et 2021, mais la situation a changé. La hausse des taux d’intérêt, exacerbée par les crises économiques liées à la pandémie de Covid-19 et à la hausse des prix de l’énergie, a contraint la Banque de France à rémunérer davantage les banques commerciales. Clara Leonard, économiste spécialisée dans la dette, souligne que cette conjoncture a entraîné une absence de dividende versé à l’État.
Ainsi, bien que l’affirmation de Bardella soit théoriquement valide, la réalité actuelle montre que la dette coûte de plus en plus cher à l’État français sans lui rapporter d’argent.
Source : Franceinfo.

