Faut-il congeler une partie de la dette publique comme le propose Jean-Luc Mélenchon ?
En août, Gabriel Attal a relancé le débat sur l’annulation de la dette publique française en citant Jean-Luc Mélenchon, qui avait déclaré en juin 2026 qu’il suffisait de « foutre au feu » les titres de dette publique détenus par la Banque centrale européenne (BCE). Cette remarque a suscité une attention médiatique accrue sur une question qui, bien que technique, est devenue centrale dans le débat public.
Contexte factuel
La proposition de Mélenchon n’est pas nouvelle. Dans son programme présidentiel de 2022, il appelait déjà à ce que la BCE transforme la part de dette publique qu’elle détient en dettes perpétuelles à taux nul. Depuis 2015, la BCE a acheté des titres de dette souveraine pour faire face à la déflation, et lors de la pandémie, elle a intensifié ces acquisitions, atteignant jusqu’à un tiers des dettes publiques de la zone euro. Actuellement, environ 18 % de la dette publique française, soit 600 milliards d’euros, est inscrite au bilan de la Banque de France pour le compte de l’Eurosystème.
Données ou statistiques
La France, selon les prévisions, devra refinancer environ 67 milliards d’euros en 2027. Ce montant représente une part significative des obligations arrivant à maturité, ce qui pourrait poser des défis financiers si les taux d’intérêt restent élevés.
Conséquence directe
La transformation de cette dette en dette perpétuelle à taux nul permettrait à l’État de ne plus rembourser ni le principal ni les intérêts, allégeant ainsi la pression sur les finances publiques. Cependant, la mise en œuvre d’une telle me se heurterait à des obstacles juridiques et politiques, notamment en raison des restrictions imposées par les traités européens.
Source : Alternatives Économiques.
