Finistère : relaxe pour le président du département accusé de harcèlement des allocataires du RSA
Le président du conseil départemental du Finistère, Maël de Calan (ex-LR), ainsi qu’un cadre de la collectivité, ont été relaxés lundi 7 septembre par le tribunal correctionnel de Brest. Ils faisaient face à des accusations de harcèlement moral formulées par la CGT et six allocataires du revenu de solidarité active (RSA).
Les deux hommes avaient comparu le 15 juin dernier, suite à une citation directe émise par les plaignants. Ces derniers les accusaient de pratiquer un « harcèlement moral institutionnel » dans le cadre des contrôles liés au RSA. Maël de Calan a quitté le tribunal sans faire de commentaire, ayant dénoncé à la barre une « citation à comparaître bâclée » qu’il considérait comme motivée politiquement.
L’avocat de la CGT, Franck Carpentier, a décrit les contrôles comme « intrusifs et humiliants », impliquant des demandes de documents de plus en plus poussées, et a évoqué une « mécanique structurelle » visant à réduire le nombre d’allocataires.
Depuis son arrivée à la tête du département en juillet 2021, Maël de Calan a fait état d’une réduction d’un quart des allocataires, passant de 18 000 à 13 500, tandis que la baisse au niveau national s’établit à 3,4 %. Cette diminution est attribuée à sa politique de « retour à l’emploi », axée sur le « coaching intensif » et des événements de « job dating ». La CGT, quant à elle, dénonce une « politique du chiffre » et un harcèlement moral institutionnel, comparable à des pratiques observées chez France Télécom dans les années 2000.
Le parquet de Brest, n’étant pas à l’origine des poursuites, n’a pas formulé de réquisitions et ne devrait pas faire appel de la décision de relaxe. Cependant, Maël de Calan devra comparaître à nouveau jeudi devant le même tribunal, cette fois pour diffamation, après avoir qualifié le député LFI de Brest, Pierre-Yves Cadalen, de « factieux et antisémite ».
Source : La Croix

