Munich Re refuse de suivre la baisse des prix en réassurance
Munich Re, le principal réasur mondial, a décidé de ne pas céder à la pression du marché pour réduire ses tarifs. Au lieu de cela, l’entreprise a diminué de 9,1 % son volume d’affaires renouvelé lors de la campagne qui s’est terminée le 1er juillet 2026. Cette décision contraste avec la tendance générale du marché, où les prix ont baissé de 5,5 % en moyenne, selon Le Figaro.
Changement de cap du marché de la réassurance
Après plusieurs années de hausse, les prix de la réassurance amorcent une baisse. Depuis 2023, les réasurs avaient durci leurs conditions pour améliorer une rentabilité affectée par des catastrophes naturelles coûteuses. En 2026, les sinistres climatiques mondiaux couverts par les asurs ont atteint 42 milliards de dollars, soit 16 % de moins que la moyenne des dix dernières années, selon Swiss Re, cité par Challenges.
La campagne de renouvellement terminée le 1er juillet a montré une baisse moyenne de 5,5 % des prix. Cette détente tarifaire est attribuée à une sinistralité modérée, permettant aux réasurs d’afficher des résultats financiers impressionnants. Swiss Re a enregistré un bénéfice net de 2,4 milliards d’euros au premier semestre, tandis que Hannover Re a réalisé 1,4 milliard d’euros. Munich Re a dégagé 2,2 milliards d’euros de bénéfice net au deuxième trimestre. Cependant, les stratégies des entreprises divergent face à cet environnement favorable.
Munich Re et sa stratégie de sélection rigoureuse
Munich Re privilégie la discipline tarifaire au détriment de la croissance de son portefeuille. Contrairement à d’autres, elle rejette les affaires jugées insuffisamment rentables. Le groupe observe que les prix baissent depuis deux ans et demi, tout en restant à un niveau acceptable mais plus serré.
La décision de réduire de 9,1 % son portefeuille est volontaire. Munich Re a choisi d’écarter des contrats non conformes à ses critères de rentabilité, préservant ainsi ses marges dans un marché saturé. Fitch anticipe une « dégradation des perspectives » pour le secteur mondial de la réassurance en 2027, conséquence de cette érosion tarifaire.
Christoph Jurecka, président du directoire, déclare : « Nous renonçons délibérément aux affaires pour lesquelles nous n’obtenons pas de prix adapté au risque ». Pour lui, la sinistralité modérée de 2026 ne doit pas masquer l’augmentation des risques climatiques. Munich Re s’oppose donc à la sous-tarification, considérée comme dangereuse pour la stabilité du secteur, selon La Tribune.
Les autres réasurs : adaptation face à la baisse des prix
Les concurrents européens de Munich Re, comme Swiss Re et Hannover Re, adoptent une stratégie différente. Ces entreprises semblent plus enclines à accepter la baisse tarifaire, leurs résultats financiers records leur offrant une marge de manœuvre pour maintenir leurs parts de marché malgré des conditions moins favorables.
Swiss Re et Hannover Re affichent une rentabilité impressionnante avec respectivement 2,4 et 1,4 milliards d’euros de bénéfice net au premier semestre 2026. Cette solidité financière contribue à une surcapacité sur le marché, renforçant la concurrence et la pression à la baisse des tarifs. Manuel Arrivé, analyste chez Fitch, note que cette surcapitalisation déséquilibre l’offre et la demande, transférant le pouvoir de négociation aux asurs acheteurs.
L’avertissement de Munich Re sur les risques climatiques
Munich Re met en garde contre une perception erronée des risques climatiques. Le réasur souligne que l’accalmie de 2026 pourrait cacher une aggravation structurelle des risques. Les phénomènes météorologiques extrêmes comme la grêle, les inondations et les incendies s’intensifient, nécessitant le maintien de tarifs élevés pour asr une couverture adéquate.
Clarisse Kopff, membre du directoire de Munich Re, explique que malgré une accalmie apparente, les risques sous-jacents persistent et évoluent, ce qui doit se refléter dans les prix de couverture. Cette position souligne une inquiétude : le marché pourrait sous-estimer les futurs risques basés uniquement sur la sinistralité récente, créant une vulnérabilité systémique.
Source : Le Figaro, Challenges, La Tribune.
