Après 70 ans, prendre une statine permet-il vraiment de vivre plus longtemps en bonne santé ?
Pour permettre aux personnes âgées de vivre plus longtemps en bonne santé, faut-il leur prescrire une statine, un médicament visant à réduire le risque d’infarctus ou d’accident vasculaire cérébral (AVC), même en l’absence de problèmes cardiovasculaires antérieurs et de facteurs de risque marqués ? Cette question soulève des débats importants dans le domaine médical.
Contexte factuel
Les statines sont reconnues pour leur efficacité chez les personnes âgées à haut risque, notamment celles ayant déjà souffert de maladies cardiovasculaires. Cependant, leur prescription pour des personnes de plus de 70 ans en bonne santé reste controversée, car cette population a souvent été sous-représentée dans les études cliniques.
Données ou statistiques
Une étude australienne récente a recruté 9 971 participants âgés en moyenne de 74,7 ans, sans antécédents de maladies cardiovasculaires et présentant des résultats sanguins normaux. Les résultats montrent que la prise d’atorvastatine (40 mg par jour) a permis de diminuer le risque d’événements cardiovasculaires de 30 %. En effet, seulement 10,9 événements pour 1 000 personnes ont été observés dans le groupe sous statine, contre 15,5 dans le groupe placebo. Cependant, l’atorvastatine n’a eu aucun effet significatif sur le risque de démence, d’incapacité physique ou de mortalité globale.
Les effets secondaires légers étaient similaires entre les deux groupes, avec 63 % d’effets notés dans le groupe statine contre 58,7 % dans le groupe placebo. Les taux d’arrêt de traitement étaient également comparables, avec 7,2 % d’arrêts dans le groupe statine contre 6,1 % dans le groupe placebo.
Conséquence directe
Les résultats de cette étude indiquent que, bien que les statines puissent réduire le risque d’accidents cardiovasculaires, elles n’améliorent pas l’espérance de vie en bonne santé, soulevant des questions sur leur utilité dans la prescription à des patients âgés en bonne santé.
Source : New England Journal of Medicine

