En Côte d’Ivoire, une filière du cacao entre vieillissement des plantations et de ses cultivateurs
La Côte d’Ivoire a lancé la semaine dernière sa grande campagne de commercialisation du cacao, dans un contexte marqué par une baisse de près de 60 % du prix bord champ du kilogramme de fèves par rapport à l’an passé. Au-delà de la question du prix, l’avenir même de la filière se trouve en jeu. Une partie du verger vieillit, entraînant une baisse progressive de la productivité. Parallèlement, les jeunes sont encore peu nombreux à vouloir prendre la relève.
À Issia, dans le centre-ouest de la Côte d’Ivoire, Sékou Traoré exploite une plantation de cacao d’une vingtaine d’hectares, héritée de ses parents. Au fil des années, il a constaté que ses cacaoyers vieillissaient et que leur rendement diminuait. « La production n’est plus la même qu’avant, souligne-t-il. Aujourd’hui, la moyenne est de 500 à 600 kg à l’hectare, alors qu’auparavant, nous étions autour d’une tonne. Avec le changement climatique, les pluies ne suivent pas. La déforestation empêche également une bonne irrigation des plants, réduisant ainsi leur durée de vie. »
Pour maintenir la première filière agricole du pays, le professeur Mamadou Doumbia, spécialiste en sciences agronomiques, préconise de régénérer le verger et d’investir dans la recherche. « On peut réhabiliter une vieille plantation en procédant à des tailles et en utilisant des solutions biologiques. Il est essentiel que la recherche développe des variétés à haut rendement, capables de résister au changement climatique. L’agroforesterie, qui associe cacao et arbres forestiers, est également une solution prometteuse. »
Le vieillissement des plantations est également accompagné d’un vieillissement des planteurs, dont la moyenne d’âge est d’environ 40 ans. La Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, a fixé le 1er septembre son prix d’achat à 1 200 francs CFA le kilo (1,82 euros) pour la récolte principale, un montant identique à celui annoncé en mars pour la campagne intermédiaire.
Le pays fournit 40 % de la production mondiale de cacao, représentant 17 % de son PIB, et fait vivre environ 5 millions de personnes. Le prix d’achat est fixé par l’État, et une partie des fèves est vendue par anticipation.
Source : RFI

