Braconnage : Olivier Bouygues jugé pour massacre d’espèces protégées et pièges interdits

Massacre d’espèces protégées, charnier, pièges interdits : le milliardaire Olivier Bouygues jugé pour braconnage

Massacre d’espèces protégées : le milliardaire Olivier Bouygues jugé pour braconnage

Le tribunal correctionnel d’Orléans a convoqué le 7 septembre le milliardaire Olivier Bouygues, ainsi que cinq employés de son domaine privé dans le Loiret, pour des accusations de destruction d’espèces animales protégées en bande organisée. Ils encourent jusqu’à 750 000 euros d’amende et sept ans de prison, tous étant présumés innocents.

Le château de Fontenaille, propriété d’Olivier Bouygues depuis 2002, s’étend sur 600 hectares à la lisière de La Ferté-Saint-Aubin. Le fils du fondateur du groupe Bouygues, actif dans les télécommunications, le BTP et les médias, a l’habitude d’y chasser, tirant des perdrix et faisans.

L’enquête a débuté suite à une lettre anonyme reçue par l’Office français de la biodiversité (OFB) le 25 mars 2025, dénonçant des pratiques de braconnage. Des photos jointes à la lettre ont permis d’identifier un charnier contenant des cadavres d’espèces protégées, telles que des buses et des aigrettes.

Charnier et pièges interdits

Le parquet d’Orléans a ouvert une enquête le 12 mai 2025, avec des perquisitions menées trois semaines plus tard. Les enquêteurs ont découvert des armes de chasse, dont certaines équipées de lunettes à vision thermique interdites, ainsi qu’une centaine de pièges à mâchoire. De plus, des cadavres d’espèces protégées ont été retrouvés à divers endroits du domaine, y compris dans un congélateur.

Les enquêteurs ont également mis au jour un élevage illégal de sangliers, avec environ 500 individus dans un parc de 160 hectares, alors que la réglementation impose une surface d’un hectare par animal. Des livres de chasse classant certaines espèces protégées comme « nuisibles » ont été saisis, accompagnés de feuilles de primes récompensant l’abattage de ces animaux jusqu’à 2 000 euros par an.

Destruction systématique d’espèces protégées

Les destructions d’espèces protégées, qui auraient duré des années, incluent des chats sauvages, hérissons, buses, hérons et cygnes. Selon un rapport d’enquête, Olivier Bouygues ne peut ignorer ces pratiques illégales. En garde à vue, il a nié les infractions, mais a reconnu valider les dépenses de son régisseur.

Les cinq employés de Bouygues ont admis la plupart des délits, justifiant le braconnage par la protection de l’élevage de gibier. Un garde-chasse a déclaré qu’il est difficile de croire que Bouygues ne soit pas au courant des pratiques de son domaine.

Un procès sans précédent

L’affaire a pris une ampleur considérable, attirant l’attention de plusieurs associations de défense animale, qui se sont portées parties civiles. Le procès, initialement prévu pour une journée en mars, a été prolongé sur deux jours en septembre.

Neuf parties civiles ont exprimé leur indignation face à l’ampleur de la destruction, affirmant que « les propriétés closes ne peuvent être des zones de non-droit ». Aimée Kleiman, avocate de l’une des associations, a souligné que ce type de poursuite est rare et vise à établir une jurisprudence pour des cas futurs de destruction d’espèces protégées.

Cette affaire met en lumière les enjeux de la protection de la biodiversité face à des pratiques illégales souvent ignorées par la justice.

Source : Reporterre

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