Lycées français s’adaptent à l’interdiction des téléphones portables malgré la prise de conscience des élèves.

Interdiction des téléphones portables dans les lycées : une adaptation urgente

Déjà en vigueur dans les collèges, l’interdiction des téléphones portables s’applique désormais aussi aux lycées, suite à une modification législative promulguée fin août. Cette décision impose aux établissements de s’adapter rapidement à cette nouvelle règle. Pour l’instant, les personnels privilégient une approche douce, évitant les confiscations mais commençant à adresser des remontrances.

À la sortie des cours, les élèves se précipitent sur leurs téléphones, interdits d’utilisation dans l’enceinte du lycée. Bien que les nouveaux élèves de seconde ne rencontrent pas de changement, leurs camarades de classes supérieures semblent plus réticents. Aux abords du lycée Fourier d’Auxerre (Yonne), peu d’adolescents expriment leur compréhension face à cette me. Un élève déclare : « Dès qu’on franchit le portail du lycée, on ne peut plus l’utiliser. C’est extrêmement nul et ça sert à rien. Même à la récré, on est surveillés. » Un autre ajoute : « À peine rentrés, on nous a demandé de les éteindre. Je n’en vois pas l’utilité, c’est censé nous aider à être plus sociables. »

Les établissements n’ont pas eu le temps d’anticiper ces changements. La loi, promulguée le 24 août, a nécessité des ajustements rapides, et de nombreux lycées n’ont pas encore mis à jour leur règlement intérieur. En attendant une concertation avec les représentants des parents d’élèves, le lycée Fourier privilégie la pédagogie.

Les assistants d’éducation et les conseillers principaux d’éducation (CPE) ne peuvent pas encore confisquer les téléphones. Ils demandent simplement aux élèves de les ranger, tout en rappelant fermement les règles. La loi ne s’appliquant qu’aux mineurs, certains élèves, comme Antoine, étudiant en BTS comptabilité, échappent à cette restriction. Il souhaite néanmoins montrer l’exemple en évitant d’utiliser son téléphone devant les autres.

Les syndicats expriment des doutes quant à l’efficacité de cette interdiction, soulignant qu’il est difficile de surveiller tous les élèves. De plus, l’interdiction généralisée pose des problèmes de sécurité, notamment lorsque les élèves se regroupent à la sortie des cours pour consulter leurs messages.

À Jacques Amyot, un autre lycée d’Auxerre, le proviseur François Germain a anticipé la législation en interdisant l’usage des portables dès le troisième trimestre de l’année scolaire précédente. Il a instauré des zones spécifiques où l’utilisation des téléphones est encore permise, tout en maintenant une certaine souplesse.

Germain souligne l’importance d’une approche pédagogique pour sensibiliser les élèves à leur dépendance aux écrans. Selon lui, l’enjeu est de réduire progressivement le temps d’écran des adolescents, qui passent en moyenne plus de quatre heures par jour sur leur smartphone.

Source : France Télévisions.

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