Côte d’Ivoire : Une nouvelle réglementation pour les professionnels des arts vivants
En Côte d’Ivoire, une nouvelle réglementation concernant les entrepreneurs de spectacle vivant suscite des débats. À partir de bientôt, toute personne, qu’elle soit physique ou morale, souhaitant exercer dans ce domaine devra obligatoirement obtenir une licence délivrée par le ministère de la Culture.
Pour les autorités, cette me vise à professionnaliser et à assainir un secteur souvent marqué par l’informalité. Cependant, des inquiétudes émergent parmi les professionnels, notamment en ce qui concerne l’exigence d’une caution. Un collectif regroupant des acteurs de la danse, du théâtre, du conte, des diffuseurs et des exploitants de salles appelle le gouvernement à plus de flexibilité.
Bien que le collectif soutienne le principe d’une réforme, le coût de la licence, pouvant atteindre jusqu’à 10 millions de francs CFA (environ 15 240 euros) selon les métiers, soulève des préoccupations. Adama Adepodju, président de la Fédération nationale de théâtre, a exprimé que l’application stricte de l’arrêté pourrait entraîner la disparition de nombreuses disciplines. Il plaide pour que même les artistes itinérants puissent être immatriculés et reconnus par le ministère.
Les entrepreneurs de spectacle vivant avaient jusqu’à mi-octobre pour se conformer à cette nouvelle réglementation. Face aux nombreuses préoccupations, le gouvernement a opté pour une approche apaisante. Françoise Remarck, ministre de la Culture, a déclaré qu’il serait nécessaire d’apporter des précisions à l’arrêté pour qu’il soit inclusif, tout en soulignant l’urgence de la situation.
Le ministère a également promis d’organiser des réunions de travail avec les membres du collectif dans les jours à venir.
Difficulté à quantifier le nombre d’entrepreneurs et l’impact économique du secteur
Il est complexe d’obtenir des chiffres précis sur le nombre d’entrepreneurs dans le secteur des arts vivants et leur poids économique. Chantal Djédjé, membre du collectif et directrice de la Fabrique culturelle, souligne que les artistes créent une valeur mémorielle, culturelle et économique. Elle insiste sur la nécessité de professionnaliser le secteur pour garantir sa visibilité et son soutien par l’État.
Cette réforme pourrait apporter des infrastructures et une reconnaissance officielle, mais elle doit être mise en œuvre sans alourdir les professionnels du secteur.
Source : RFI

