Un appareil britannique doit rester immobile sous 1 400 m de roche pour détecter une particule par an.

Sous 1 400 m de roche anglaise, un appareil doit rester plus calme que le vide pour capter une particule par an

Sous 1 400 mètres de roche anglaise, un laboratoire lutte contre le bruit cosmique pour détecter la matière noire

Dans les entrailles de la mine de Boulby, au Royaume-Uni, un laboratoire a pour mission de capter une seule particule de matière noire par an. Cette tâche, qui peut sembler dérisoire, nécessite une technologie avancée et un environnement d’une tranquillité exceptionnelle, loin des interférences des rayons cosmiques.

Le site, situé entre Saltburn et Whitby sur la côte nord-est de l’Angleterre, est protégé par plus de 1 100 mètres de roche, ce qui réduit le taux de rayons cosmiques d’environ un million par rapport à la surface. Ce bouclier géologique permet de filtrer le bruit de fond, rendant possible la détection de signaux extrêmement faibles.

Un consortium d’universités britanniques est en train de développer un détecteur géant, capable de contenir jusqu’à 100 tonnes de xénon liquide, un matériau sensible aux interactions recherchées. Ce projet, financé à hauteur de 8 millions de livres sterling par UK Research and Innovation, a pour objectif de maximiser les chances de détection de particules de matière noire.

La construction de cet instrument dans un environnement minier actif représente un défi technique considérable. Le réseau de galeries de Boulby, exploité depuis 1968, s’étend sur plus de 1 000 kilomètres. Chaque composant du détecteur doit être soigneusement sélectionné pour éviter toute contamination radioactif, car même le moindre bruit parasite pourrait compromettre les mes.

Boulby a déjà été le site d’expériences scientifiques sur la matière noire, notamment avec le UK Dark Matter Collaboration, qui a mené des recherches à une profondeur équivalente à 2 800 mètres d’eau. Ces travaux ont permis de poser les bases scientifiques pour les projets actuels.

Le directeur du laboratoire, Sean Paling, souligne l’importance de cette recherche : « Découvrir, ou même être en me d’exclure l’existence de la matière noire, représenterait un énorme bond en avant pour la science et transformerait notre compréhension du cosmos. » Une absence de résultats pourrait également orienter les recherches futures vers des pistes plus prometteuses.

Cette quête scientifique, menée sous les landes du Yorkshire, illustre le contraste entre l’immensité des questions posées et la discrétion du dispositif mis en place pour y répondre. Les scientifiques attendent patiemment qu’une particule invisible se manifeste, une attente qui pourrait, si elle aboutit, redéfinir notre compréhension de l’univers.

Source : SciencePost

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *