Washington froisse les Européens en invitant la Russie au G20 Finance
Les États-Unis, qui cherchent à rallier les pays européens à leur guerre économique contre l’Iran, ont provoqué une irritation parmi leurs partenaires en conviant un ministre russe au G20 Finance, qui se tient à Asheville, en Caroline du Nord, jusqu’à mardi. Washington préside cette année ce regroupement des grandes économies mondiales, incluant la Chine, l’Inde, le Japon et la France.
Cette première réunion sur le sol américain rassemble des ministres des Finances et des banquiers centraux dans un complexe hôtelier au pied des Appalaches. Le ministre américain des Finances, Scott Bessent, souhaite profiter de cet événement pour promouvoir ses politiques, notamment de dérégulation, et convaincre d’autres pays d’isoler davantage Téhéran, en réponse à l’inefficacité des efforts militaires pour faire plier l’Iran.
Bessent a déclaré : « Nous allons continuer à faire pression [sur Téhéran]. Nous avons déjà eu de bonnes discussions ici », peu après que Washington a intensifié ses frappes contre l’Iran. L’Union européenne a, pour sa part, indiqué dans un communiqué qu’elle était prête à durcir ses propres sanctions.
Cependant, des tensions sont apparues en raison de la présence du ministre russe des Finances, Anton Silouanov, habituellement persona non grata. Sa participation a suscité des réactions au sein de l’UE, qui a demandé son exclusion de la « photo de famille » du sommet, réalisée sans la presse.
Le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, a exprimé son inquiétude, affirmant que la présence de Silouanov envoyait un « signal perturbant ». Un porte-parole de la Maison Blanche, Kush Desai, a répondu en soulignant que le président Trump et son gouvernement n’hésitent pas à dialoguer avec des figures clés pour « mettre fin au bain de sang sans fin » en Ukraine.
Bessent a clairement indiqué à Silouanov que les États-Unis n’accorderont aucun répit économique à la Russie tant que la guerre en Ukraine se poursuivra. Le chef de l’État américain a ajouté qu’il valorise les relations avec tous les pays, notant que cela contribue à son succès.
Le G20, créé après la crise financière asiatique de 1997-1998 pour renforcer la stabilité économique mondiale, comprend dix-neuf pays, l’Union européenne et l’Union africaine. Cette année, l’Afrique du Sud a été exclue des réunions par le gouvernement américain, qui l’accuse de persécuter les fermiers blancs sans fournir de preuves.
Enfin, le Trésor américain a refusé d’accréditer plusieurs journalistes de grands médias, provoquant une réaction de l’association américaine de journalistes, qui a condamné cette décision au nom de la liberté de la presse.
Avec AFP

