Boycottage des États-Unis : New York pourrait bénéficier d’une exception.

Boycottage des États-Unis : New York pourrait bénéficier d’une exception.
Boycottage des États-Unis | New York devrait-il être l’exception ?

Boycottage des États-Unis : New York devrait-il être l’exception ?

(New York) Avec un maire socialiste, une gouverneure et des sénateurs démocrates, New York se distingue du reste des États-Unis, où certains élus critiquent ouvertement le Canada. Cette situation soulève la question : est-il temps pour les Québécois de recommencer à visiter cette métropole à laquelle ils sont fortement attachés ?

Ce reportage a été initié au moment où les négociations commerciales entre les États-Unis et le Canada semblaient s’améliorer. Un relâchement des tensions était palpable, et de nombreux amis recommençaient à planifier des voyages aux États-Unis. Cela semblait être un moment propice pour envisager un retour à New York, à un peu plus de six heures de route de Montréal, une ville qui a toujours occupé une place spéciale dans le cœur des Québécois.

L’objectif était d’interroger des Québécois visitant la ville pour comprendre ce qui les avait motivés à traverser la frontière. Il s’agissait également de recueillir les avis des New-Yorkais sur leurs relations avec leurs voisins du Nord et de sonder les expatriés québécois sur leur expérience face aux tensions entre les deux pays, exacerbées par le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche.

Cependant, le 21 août, alors que je préparais ma valise, les négociations entre Washington et Ottawa se sont effondrées. Le lendemain, les médias annonçaient une « guerre commerciale » et des représailles, rendant le retour à New York moins tentant.

Sur place, il est devenu évident que les relations canado-américaines s’étaient détériorées. De nombreux New-Yorkais exprimaient leur solidarité envers les Canadiens qui choisissent d’éviter leur ville. Cependant, plusieurs Québécois vivant à New York ont refusé de s’exprimer, citant un climat politique devenu trop tendu.

Une Québécoise vivant à New York depuis quatre ans a déclaré : « Ça commence à devenir bizarre ici », faisant référence à la suspension temporaire des entrevues et du traitement des demandes de visas d’immigrant annoncée par le département d’État américain le 26 août.

Elle a exprimé son inconfort à parler des tensions entre les deux pays, préférant éviter des mots comme « ICE » et « Trump ». D’autres Québécois de son entourage ont également constaté une diminution des visites de leurs proches, affirmant qu’ils se rendaient plus souvent au Québec. Malgré tout, elle ne remet pas en question son choix de vivre aux États-Unis.

Une baisse remarquée

Bien que les Québécois continuent de voyager à New York, le boycottage des Canadiens se fait sentir. Le nombre de touristes canadiens est passé d’environ 983 000 en 2024 à moins de 800 000 en 2025, représentant une baisse de 19 % à 26 % selon les périodes de l’année. En 2025, cela a entraîné une diminution de 28 % des dépenses des Canadiens dans la métropole, selon des données de l’Office de tourisme de New York.

Cette situation ne peut être attribuée uniquement aux politiques de l’administration Trump. Le taux de change défavorable pour les Canadiens dans une ville déjà coûteuse constitue également un facteur important. Pour attirer les touristes canadiens, l’Office de tourisme de New York a lancé fin août une campagne de promotion offrant un rabais de 30 % dans certains hôtels et spectacles de Broadway, mais la réponse à cette offre reste encore difficile à évaluer.

Mon expérience personnelle, bien que non scientifique, a révélé qu’après avoir parcouru 70 km à pied dans les lieux touristiques de New York, je n’ai pas entendu une seule fois l’accent québécois.

Matt Levy, propriétaire de Spread Love Tours, une entreprise de visites guidées, a également noté une baisse de sa clientèle canadienne, qui inclut traditionnellement des groupes scolaires québécois et ontariens. Son chiffre d’affaires en provenance du Canada a chuté durant les deux dernières années.

Isolés, les expatriés ?

Les Canadiens vivant à New York partagent un sentiment similaire : la ville est une bulle. « La ville est anti-Trump, donc on ne blâme pas le Canada de vouloir boycotter les États-Unis », a déclaré Lewis L., un expatrié d’Edmonton. Il a également mentionné que sa cousine à Montréal se sent trop mal à l’aise pour visiter les États-Unis.

Marc-André Cyr, avocat à New York depuis neuf ans, a noté que sa famille continue de le visiter, même si elle est mécontente de la situation politique.

Richard Châteauvert, qui vit à New York depuis 30 ans, a observé que les Québécois hésitent à dépenser de l’argent dans la ville, et il comprend leur position. Malgré tout, il reste optimiste quant à l’avenir des relations canado-américaines, rappelant que le pays a déjà surmonté des crises majeures.

Peut-être en 2028 ?

Matt Levy, qui a assisté à une conférence de l’industrie du voyage, a noté l’absence de nombreux clients canadiens. Cependant, il a entendu des signes d’assouplissement de la part même des commissions scolaires les plus strictes, suggérant un potentiel retour des jeunes Canadiens d’ici 2028.

J’ai apprécié mon retour à New York après une longue absence, mais je me suis sentie mal à l’aise tout au long de mon séjour, comme si j’étais en train de commettre un acte interdit. La décision de visiter ou non les États-Unis reste personnelle et dépendra de l’évolution des relations entre nos deux pays.

Source : La Presse

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