Les comptines virales sur le consentement : enjeux et limites
Cumulant des millions de vues sur les réseaux sociaux, les comptines sur le consentement, souvent mises en scène par des parents et des éducateurs, soulèvent des questions éthiques et pratiques. Bien que leur intention soit louable, ces vidéos peuvent exposer les enfants à des risques et des malentendus.
Ces comptines, adaptées d’une création originale de Gelda Waterboer, enseignante namibienne, visent à sensibiliser les enfants sur leur corps et sur le respect du consentement, notamment après des affaires récentes de violences sexuelles dans les milieux scolaires. Cependant, leur efficacité est remise en question par des experts.
Une exposition problématique des enfants
Selon Capucine Coudrier, militante féministe et créatrice de contenus, ces vidéos mettent souvent en scène les enfants à visage découvert, sans leur consentement. Cela pose un problème majeur, car les enfants ne réalisent pas l’ampleur de leur exposition sur des plateformes publiques. De plus, les images d’enfants publiées en ligne peuvent être détournées à des fins malveillantes.
Des paroles anxiogènes
Les paroles de ces comptines peuvent également être anxiogènes pour les enfants. Par exemple, des phrases évoquant la dénonciation d’agressions peuvent créer un climat de peur et de culpabilité, surtout lorsque l’agresseur est un proche. Cette dynamique peut verrouiller la parole de l’enfant au lieu de l’encourager à s’exprimer.
Un besoin d’approche diversifiée
Pour expliquer le consentement de manière efficace, il est nécessaire d’utiliser divers outils éducatifs, au-delà des comptines. Des livres comme 1, 2, 3 secrets de Samboyy ou Ton corps t’appartient ! de Lucia Serrano sont recommandés pour renforcer cette éducation.
En conclusion, bien que ces comptines puissent être une première étape vers la sensibilisation, elles ne doivent pas être considérées comme une solution unique. Une approche cohérente et diversifiée est essentielle pour garantir la compréhension et la sécurité des enfants.
Source : HuffPost


