Accord du Sénégal avec le FMI : défis pour réduire la dette sans affecter les budgets sociaux.

Accord du Sénégal avec le FMI : défis pour réduire la dette sans affecter les budgets sociaux.
Accord du Sénégal avec le FMI: les défis de Dakar pour apurer sa dette sans plomber les budgets sociaux

Accord du Sénégal avec le FMI : les défis de Dakar pour apurer sa dette sans plomber les budgets sociaux

Le Sénégal a récemment conclu un accord avec le Fonds monétaire international (FMI) pour un prêt de 2,2 milliards de dollars, visant à améliorer ses finances publiques en difficulté. Bien que cet accord doive encore être validé par le FMI à Washington, il suscite déjà de nombreuses interrogations parmi les citoyens et les acteurs économiques du pays. Pour obtenir cet accord, le Sénégal a accepté de renégocier sa dette, en particulier avec certains créanciers, afin de la rendre plus soutenable.

Actuellement, seule la dette libellée en euros et en dollars sera soumise à renégociation, tandis que la dette régionale en CFA est exclue pour le moment. Cette exclusion permet au Sénégal d’éviter de fragiliser le système bancaire régional et de continuer à emprunter sur le marché régional. Le ministère de l’Économie et des Finances a annoncé son intention d’effectuer trois appels publics à l’épargne dans les mois à venir pour lever des fonds.

Cette stratégie d’endettement régional est jugée risquée. En effet, la dette en CFA a augmenté de 34 % en 2025, représentant plus d’un tiers du stock total de la dette à la fin de l’année dernière, avec des taux d’intérêt variant entre 4 % et 8,3 %. Les analystes estiment qu’une restructuration de cette dette intérieure pourrait être nécessaire dans les mois à venir.

Pour traiter sa dette extérieure, Dakar prévoit d’utiliser le Cadre commun du G20, un dispositif instauré en 2020 pour aider les pays en difficulté à renégocier ou annuler certaines dettes, mais sous conditions strictes. Les discussions avec les créanciers, qui incluent la Chine, la France, des détenteurs d’eurobonds et des banques commerciales, s’annoncent complexes en raison de la diversité des intérêts en jeu.

Une question cruciale demeure : quel sera le coût social de cet assainissement des finances publiques ? Le ministre de l’Économie, Cheikh Diba, a promis 300 milliards de FCFA pour régler les dettes auprès des entreprises publiques, tout en assurant que l’accord ne devrait pas entraîner de coupes dans les secteurs sociaux tels que la santé et l’éducation. Cependant, il a également indiqué que les subventions à l’électricité seraient révisées pour cibler les familles qui en ont réellement besoin, soulignant que 65 % de ces subventions vont actuellement aux consommateurs les plus riches.

Cette me suscite des inquiétudes parmi les organisations de la société civile. Le FMI a par le passé été critiqué pour des coupes budgétaires drastiques imposées aux États en échange de son aide. Le think tank Legs Africa a averti que tout allégement du service de la dette doit se traduire par un meilleur financement des secteurs de l’éducation, de la santé et de la protection sociale.

La déclaration de politique générale du chef du gouvernement, prévue pour le 8 septembre, devrait fournir davantage de détails sur la stratégie du gouvernement concernant cet accord.

Source : RFI

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