Une antenne russe en orbite silencieuse depuis 2019
Depuis le 10 janvier 2019, le radiotélescope russe Spektr-R, lancé en 2011, ne répond plus aux communications. Bien qu’il ait perdu tout contact avec la Terre, il continue de graviter autour de notre planète, atteignant une altitude de 340 000 kilomètres avant de redescendre, comme une horloge dont le mécanisme est à l’arrêt. Cette épave de cinq tonnes poursuit son orbite depuis plus de sept ans.
Contexte factuel
Spektr-R a été conçu pour rivaliser avec les télescopes américains comme Hubble et Chandra. Après plusieurs décennies de travaux, le satellite a été lancé le 18 juillet 2011 depuis Baïkonour, au Kazakhstan. Son antenne, d’un diamètre de 10 mètres, est composée de 27 pétales en fibre de carbone. L’objectif principal de Spektr-R était de travailler en tandem avec des radiotélescopes terrestres via une technique appelée interférométrie à très longue base (VLBI), permettant de simuler un instrument de taille gigantesque.
Données ou statistiques
Le satellite évoluait sur une orbite très excentrique, atteignant jusqu’à 340 000 kilomètres de la Terre, avec une période orbitale d’environ neuf jours. Pour mettre cela en perspective, la Lune orbite en moyenne à 384 400 kilomètres. Spektr-R frôlait ainsi le domaine lunaire à chaque révolution. Grâce à cette configuration, il a établi des records de résolution angulaire, permettant de distinguer un détail de la taille d’une pièce de monnaie sur la Lune, une performance mille fois supérieure à celle de Hubble.
Conséquence directe
Le 30 mai 2019, Roscosmos a déclaré la mission de Spektr-R terminée, après plusieurs mois de tentatives infructueuses de rétablir le contact. Le diagnostic de la panne reste flou, mais il est probable qu’une défaillance électronique ou un problème de contrôle d’attitude ait causé cette perte de communication. En attendant, ce satellite, désormais silencieux, constitue un cas d’école pour le suivi des débris spatiaux en orbite haute.
Source : SciencePost



