La Mostra de Venise ouvre ses portes à George Clooney, mais suscite des critiques pour son manque de réalisatrices
La 83e édition de la Mostra de Venise s’est ouverte le mercredi 2 septembre, honorant George Clooney d’un prix honorifique. Ce festival, considéré comme le plus ancien du monde, fait cependant face à des critiques concernant le faible nombre de femmes en compétition cette année.
Âgé de 65 ans et récemment devenu citoyen français, Clooney a profité de cette tribune pour dénoncer le gouvernement américain, le qualifiant de « kakistocratie », c’est-à-dire « un pays dirigé par les personnes les moins qualifiées ». Il a également exprimé ses préoccupations sur le climat politique actuel, affirmant : « Nous vivons une époque où les gens qui nous dirigent, les gens qui ont le plus d’argent, nous disent d’avoir peur les uns des autres. »
Maggie Gyllenhaal, actrice et réalisatrice, occupe le poste de présidente du jury cette année. Elle a critiqué le choix de la Mostra de ne programmer que deux films réalisés par des femmes, l’un d’eux étant co-réalisé avec un homme et ajouté tardivement à la sélection. Gyllenhaal a ironisé : « Je suppose qu’il est désormais clair une bonne fois pour toutes que les hommes font de meilleurs films que les femmes. » Le directeur artistique du festival, Alberto Barbera, a justifié cette absence en évoquant la qualité des films proposés.
En ce qui concerne la sélection, l’absence de gros studios américains, déjà observée lors des festivals de Cannes et de Berlin, laisse place à des productions indépendantes telles que « Ink » du réalisateur britannique Danny Boyle. Ce film, projeté en ouverture, retrace l’histoire du tabloïd anglais The Sun et de son propriétaire, Rupert Murdoch.
D’autres films notables incluent « Primetime », mettant en vedette Robert Pattinson, et plusieurs documentaires hors compétition, comme « Musk », qui explore la trajectoire de l’entrepreneur Elon Musk.
Cette année, le cinéma français est particulièrement bien représenté avec quatre longs-métrages en compétition, dont « Bunker » de Florian Zeller, « 15/18 » de Cédric Kahn, « Un peu avant minuit » de Nicolas Pariser, et « Un bon petit soldat » de Stéphane Brizé.
La Mostra a également été critiquée pour la programmation de « Dau », un film du réalisateur Ilya Khrzhanovsky, suscitant des préoccupations en Ukraine en raison de liens présumés avec des intérêts russes.
Source : France 24


