Affaire Lyhanna : des milliers de manifestants en colère interpellent la justice
Lundi 8 juin au soir, plusieurs milliers de manifestants se sont réunis dans des dizaines de villes en France, ainsi qu’à Paris devant la Chancellerie, pour dénoncer la justice dans l’affaire Lyhanna et le traitement des violences sexuelles. Les slogans tels que « Justice réveille-toi » et « Plus jamais cela » ont résonné dans l’ensemble des rassemblements.
De nombreuses associations féministes et de défense des enfants, comme NousToutes, la Fondation des femmes, et le Collectif Féministe contre le viol, avaient appelé à cette mobilisation dans plus de 160 villes. Les pancartes brandies par les manifestants portaient des messages tels que « Rendez-nous la justice » et « Pour les victimes, la peine est imprescriptible ».
À Agen, où le parquet est chargé de l’enquête sur la mort de Lyhanna, au moins un millier de personnes, incluant des enfants, se sont rassemblées devant le palais de justice. Lori Bess, une des organisatrices, a déclaré : « La parole des enfants n’est pas du tout prise au sérieux, la justice met beaucoup plus en avant la présomption d’innocence que la parole des victimes ».
À Auch, plusieurs centaines de personnes ont scandé « Lyhanna, plus jamais ça », tandis que des pancartes réclamaient « justice pour nos filles » et appelaient à la démission de Gérald Darmanin, ministre de l’Intérieur. À Paris, le rassemblement initialement prévu devant le ministère de la Justice a été déplacé à l’île de la Cité pour des raisons de sécurité. Anne-Cécile Mailfert, présidente de la Fondation des femmes, a questionné : « De quoi ont-ils peur ? De la colère des femmes et des enfants ? »
Malgré cette interdiction, un rassemblement important a eu lieu place Vendôme, où des centaines de manifestants, principalement des femmes, ont exprimé leur colère. Des militantes Femen se sont même dénudées pour crier « justice pour Lyhanna ». Flavie Flament, animatrice de télévision, a ajouté : « Qu’est-ce qu’il y a de plus dangereux, un gouvernement et une justice qui laissent des violeurs dans la nature ou une manifestation de pacifistes ? »
À Lyon, environ 800 personnes ont également manifesté, exprimant leurs inquiétudes sur les failles du système judiciaire. Les associations présentes ont rappelé leur demande d’adoption d’une « proposition de loi intégrale de lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants », déposée fin 2025 mais jamais examinée.
Source : La Croix