Marseille confrontée à une hausse de la fréquentation touristique, analyse d’un géographe.

Marseille, « nouvelle capitale du surtourisme » : une phase d’irritation à réguler

Alors que le quotidien anglais The Guardian décrit Marseille comme la « nouvelle capitale du surtourisme », le géographe Rémy Knafou nuance ce constat. Si la fréquentation explose, il estime que la ville est surtout entrée dans une phase d’irritation qu’il faut réguler.

Dans un article publié dans The Guardian, la journaliste marseillaise Marie Fitzgerald déplore que « Marseille [soit] la nouvelle capitale du surtourisme ». Elle évoque près de 7 millions de touristes cette année, une croissance rapide depuis 2020, qui provoque des tensions locales et pousse la ville à mieux réguler ce tourisme de masse.

Pour Rémy Knafou, géographe et auteur de Hypertourisme, le tourisme à l’épreuve de sa déme, cet article contient des faits réels, mais regrette le titre « contestable, provocateur et excessif ». Il souligne une « accélération spectaculaire de la fréquentation », avec des chiffres de Flux Vision Orange : en 2019, 12,5 millions de nuitées étaient enregistrées, contre 14,1 millions en 2023 et 14,6 millions en 2024. Knafou précise que cette augmentation ne peut être attribuée uniquement à l’après-Covid, indiquant que Marseille se prête à des situations de saturation de microsites comme le Vallon des Auffes.

Il prend également l’exemple des calanques, en particulier Sugiton, qui subissent une surfréquentation. Toutefois, il souligne que « il ne s’agit pas de surtourisme car pour l’essentiel, ce sont des Marseillais qui y vont ». Il pose la question de la gestion des loisirs à Marseille, un espace fragile, et suggère des politiques de réservation en ligne pour réguler l’accès.

Knafou admet qu’il existe des « situations de surtourisme », notamment lorsque le nombre excessif de touristes nuit à la conservation des lieux. Par exemple, à Sugiton, le piétinement compromet l’équilibre écologique. Il note aussi que la perception du surtourisme est liée au ressenti des populations locales, qui peuvent vivre mal la fréquentation touristique, entraînant irritation et exaspération.

Il précise qu’il existe un indice d’irritation, l’Irridex de G. Doxey, qui décrit quatre étapes de détérioration des relations entre résidents et visiteurs : euphorie, apathie, irritation et antagonisme. Selon Knafou, Marseille est actuellement à l’étape 3, et il est crucial d’éviter de passer à l’étape 4, où l’antagonisme devient manifeste.

Ainsi, il est nécessaire de gérer à la fois le tourisme et les loisirs des Marseillais pour préserver l’équilibre de cette ville dynamique.

Source : The Guardian, Rémy Knafou

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