Le textile permet d’exprimer la richesse culturelle du Soudan, comme la poésie
Frédérique Cifuentes, photographe et commissaire d’expositions, présente des œuvres uniques à l’Institut Goethe à Paris, à l’occasion de la deuxième rencontre du cinéma soudanais. Ses créations, issues d’un projet photographique commencé à Khartoum dans les années 2000, sont désormais imprimées sur textile, une démarche qui vise à revisiter et à redécouvrir la culture cinématographique soudanaise.
Cifuentes a commencé sa série photographique entre 2004 et 2006, capturant des images de la scène cinématographique soudanaise. Lors du festival, elle expose des tirages qui incluent des références à deux films emblématiques : The Dislocation of Amber de Hussein Shariffe (1975) et Tajouj de Gadalla Gubara (1977). Ces œuvres intègrent des dialogues en arabe, renforçant le lien entre le cinéma et la poésie.
L’artiste évoque son émerveillement lors de sa première visite au Soudan en 2002, où elle a été frappée par la beauté du pays et la richesse de sa culture. Elle souligne l’importance de l’architecture coloniale et des cinémas en plein air à Khartoum, témoins d’une époque révolue. Son travail textile, qu’elle considère comme un moyen d’explorer d’autres dimensions de la culture soudanaise, met également en lumière la fragilité du patrimoine face aux ravages de la guerre.
Cifuentes insiste sur le fait que même si les bâtiments ne sont plus visibles, leur essence demeure dans la mémoire collective et les émotions des gens. Ainsi, son exposition vise non seulement à célébrer la culture soudanaise, mais aussi à rappeler l’importance de la préserver.
Source : RFI

