Niger : Abdourahamane Tiani établit des liens avec la Russie pour des soutiens militaires.

Niger: Abdourahamane Tiani s’en remet désormais aux Russes - Le regard de Newton Ahmed Barry

Niger : Abdourahamane Tiani s’en remet désormais aux Russes

Le 29 août 2023, à Niamey, le général Abdourahamane Tiani, récemment au pouvoir après un coup d’État, a frôlé la destitution. Face à une mutinerie au sein de l’armée régulière, il a dû solliciter l’aide de forces russes pour rétablir son autorité. Cette intervention extérieure a soulevé des questions sur la souveraineté du Niger, Tiani étant désormais perçu comme dépendant des Russes pour sa survie politique.

Cette situation s’inscrit dans un contexte où Tiani, bien qu’ayant réussi à maintenir son pouvoir, a perdu la confiance de nombreux Nigériens. En juillet 2023, son prédécesseur, Mohamed Bazoum, avait rejeté une offre française de réinstallation avec le soutien de 1 500 soldats. Trois ans plus tard, des officiers des unités de Ouallam, Téra et Dosso, ayant subi de lourdes pertes face à des groupes extrémistes, se sont mutinés, poussant Tiani à faire appel à des mercenaires d’Africa Corps pour rétablir l’ordre.

Ce recours à des forces extérieures soulève des interrogations sur la capacité de Tiani à gouverner sans opposition. La fermeture des espaces démocratiques ne supprime pas l’opposition, mais la déplace, souvent vers des factions armées. Au Niger, deux armées coexistent : la Garde présidentielle, privilégiée, et les soldats envoyés sur le front, souvent sous-équipés et négligés.

La situation a également mis en lumière un double standard dans le traitement des militaires. Les obsèques officielles des membres de la Garde présidentielle contrastent avec le traitement des soldats morts au combat, qui sont souvent enterrés sans cérémonie.

En faisant appel aux Russes, Tiani a engagé sa souveraineté, remettant en question la légitimité de son pouvoir. Les forces russes, intervenant dans une situation d’urgence, n’agissent pas dans un cadre légal clair, créant une dépendance sécuritaire. Par ailleurs, d’autres acteurs régionaux, comme l’Algérie, cherchent à protéger leurs intérêts tout en évitant une trop grande influence russe dans la région.

Tiani semble jouer sur plusieurs tableaux, acceptant des fonds algériens tout en s’assurant des ressources militaires russes. Cette dynamique illustre la complexité des relations internationales dans le Sahel, où les enjeux de sécurité et d’influence géopolitique se mêlent.

En somme, la situation au Niger, marquée par des coups d’État récurrents, soulève des questions sur la stabilité politique. Comme l’indique l’universitaire Rhamane Idrissa, « un coup d’État n’est pas une surprise, c’est une probabilité statistique », une réalité amplifiée par la restriction des processus démocratiques.

Source : RFI

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