L’Union européenne suspend les importations de bœufs, volailles et miels du Brésil.

Bœufs, volailles et miels : les importations brésiliennes suspendues par l’Union européenne - Actualité

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Elsa Casalegno

par Elsa Casalegno

Bruxelles a décidé de fermer provisoirement la porte aux viandes, aux œufs et aux miels brésiliens, en raison d’une utilisation abusive d’antibiotiques par les élevages du pays. Cette suspension est effective depuis le 3 septembre et courra tant que le Brésil n’aura pas montré patte blanche auprès des autorités sanitaires européennes.

La mise au ban concerne la viande bovine, la volaille, les œufs, le miel, ainsi que les produits de l’aquaculture. Cette décision a été confirmée lors d’un point presse dans les locaux de la Commission européenne le 1er septembre. L’annonce a été faite discrètement pour ne pas froisser le Brésil, membre majeur du Mercosur, avec lequel l’Union européenne (UE) a récemment signé un accord commercial.

Ce traité, en vigueur depuis mai dernier, est contesté par une partie du monde agricole européen. Par cette sanction, Bruxelles souhaite rasr les éleveurs, généralement opposés au traité, en montrant qu’elle lutte contre la concurrence déloyale due à des pratiques interdites en Europe mais autorisées ailleurs.

Cette décision n’est pas surprenante : l’UE a établi une liste des pays respectant ses normes sanitaires. Le Brésil a été retiré de cette liste en mai, rendant cette suspension attendue. Le pays n’a pas fourni de garanties suffisantes, notamment concernant l’utilisation d’antibiotiques pour accélérer la croissance animale.

Cette pratique, interdite en Europe depuis 20 ans, pose des risques importants, notamment la création de bactéries antibiorésistantes, compromettant ainsi les traitements médicaux. L’UE interdit également l’usage de plusieurs antibiotiques réservés à la médecine humaine. « Ces règles s’appliquent depuis 2022 aux producteurs de l’UE. À partir du 3 septembre 2026, toutes les exportations d’animaux et de produits animaux destinés à la consommation humaine vers l’UE doivent également les respecter », a précisé la Commission européenne.

En attente de mises en conformité

Les pays fournisseurs de l’UE ont été informés des nouvelles règles lors de sessions organisées par la Commission européenne en janvier 2023, juin 2023 et mars 2024. Le Brésil n’a manifestement pas réussi à s’y conformer.

Actuellement, l’UE maintient un lien constant avec les autorités brésiliennes, et un audit est en cours, notamment sur la volaille et le miel. Cet audit, mené par la Direction générale de la santé, vise à vérifier que les garanties de conformité aux exigences de l’UE sont effectivement mises en œuvre. Il devrait se terminer le 4 septembre, avec des résultats attendus dans les semaines suivantes.

Si les mes mises en place par le Brésil sont jugées satisfaisantes, les exportations de volailles et de miels pourraient reprendre rapidement, sous réserve de validation par les États membres. En revanche, un audit concernant la viande bovine n’est pas encore prévu.

Le délai de reprise effective du commerce dépendra également des cycles de production des animaux, qui ne doivent jamais avoir reçu d’antibiotiques promoteurs de croissance durant leur vie, ce qui peut varier de quelques mois pour un poulet à deux à quatre ans pour un bœuf.

Les importations de viandes brésiliennes, marginales en France

Bœufs : la France a importé environ 360 000 tonnes de viande bovine en 2025, principalement d’Europe (Pays-Bas, Irlande, Royaume-Uni, Belgique, Espagne, etc.). Les volumes provenant du Mercosur s’élèvent à environ 6 000 tonnes, dont environ 1 800 tonnes du Brésil.

Au niveau européen, les importations en provenance du Brésil s’élèvent à environ 92 000 tonnes en 2025.

Volailles : la France importe plus de la moitié de sa consommation de poulet, soit 700 000 tonnes. La majorité provient de l’UE, principalement de Pologne, Belgique, Pays-Bas, Allemagne, ainsi que du Royaume-Uni, de Thaïlande et d’Ukraine. Seulement 6 000 tonnes proviennent du Mercosur, dont environ 4 000 tonnes du Brésil.

Au niveau européen, le quart des importations provient du Brésil, soit environ 280 000 tonnes en 2025.


(1) Selon l’Organisation mondiale de la santé, les bactéries antibiorésistantes causent 5 millions de décès chaque année dans le monde, dont 5 500 en France.

Source : Que Choisir.

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