Exposition au musée Soulages : Hiroshi Sugimoto dialogue avec Pierre Soulages sur l’Outrenoir.

Exposition au musée Soulages : l'envoûtant dialogue d'Hiroshi Sugimoto avec le maître de l'Outrenoir

Exposition au musée Soulages : l’envoûtant dialogue d’Hiroshi Sugimoto avec le maître de l’Outrenoir

Le musée Soulages de Rodez présente une exposition captivante mettant en avant huit séries du photographe japonais Hiroshi Sugimoto. Bien qu’ils ne se soient jamais rencontrés, ces deux artistes partagent une réflexion commune sur le vide, la lumière et le temps.

Cette exposition, orchestrée par Maud Marron-Wojewodzki, souligne les affinités stylistiques entre le maître de l’Outrenoir, Pierre Soulages, né à Rodez en 1919, et Hiroshi Sugimoto, né à Tokyo en 1948. Les deux artistes, issus de générations différentes, interrogent les notions d’origine et de temporalité à travers leurs œuvres. Soulages explore les temps préhistoriques, tandis que Sugimoto s’attache à capturer un monde en déclin, souvent déserté par le vivant. Les deux ont également un intérêt marqué pour le geste calligraphique.

L’exposition débute avec la série « Theaters », une collection de photographies de théâtres et de cinémas abandonnés, initiée en 1976. Ces images, empreintes de mystère et de nostalgie, évoquent les obsessions de Sugimoto, qui utilise la photographie pour « emprisonner les fantômes ressuscités par l’excès d’images rémanentes ».

La série « Pine Trees », quant à elle, s’inspire des « Shorin-zu byobu » du peintre Tohaku Hasegawa, et capte une essence sacrée. Sugimoto décrit cette série comme une « peinture en photographies », où le lieu immortalisé existe à la fois partout et nulle part.

En contraste avec ces œuvres, la série « Opticks » présente des fulgurances chromatiques qui rappellent les abstractions de Mark Rothko et les expériences sur le prisme des couleurs d’Isaac Newton. Sugimoto s’interroge sur la limitation de la physique à sept couleurs, exprimant son désir d’explorer les variations infinies des teintes à travers des pellicules Polaroid.

Les paysages marins de Sugimoto, créés depuis 1980, sont décrits comme « anhistoriques, intemporels et éternels ». Ces images, sans présence humaine, sont parmi les plus prisées du public, laissant entrevoir une intimité universelle.

Enfin, la série « Brush Impression » révèle des affinités supplémentaires avec Soulages, revisitant le geste calligraphique et exaltant le signe. Les caractères japonais, tracés à l’aide d’un pinceau plongé dans un liquide révélateur, constituent un poème du XIe siècle.

L’exposition « Hiroshi Sugimoto. Reprendre la mélodie » se tient au musée Soulages, situé au Jardin du Foirail, avenue Victor Hugo, à Rodez, jusqu’au 13 septembre 2026.

Source : Connaissance des Arts

Source

Comments

No comments yet. Why don’t you start the discussion?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *