Rachida Dati de retour dans la magistrature avant son procès pour corruption
L’ancienne ministre et candidate à la mairie de Paris, Rachida Dati, va officiellement retrouver son poste de magistrate à quelques jours de l’ouverture de son procès en correctionnelle pour corruption, prévu le 16 septembre.
Cette réintégration a été décidée en toute discrétion, à la demande de Rachida Dati, et approuvée par le ministre de la Justice, Gérald Darmanin. Elle est proposée pour un poste convoité : Première substitut à l’administration centrale de la justice à Paris. Pour rendre cette nomination effective, le Conseil supérieur de la magistrature devra émettre un avis, bien que cet avis soit consultatif et considéré comme une simple formalité.
La nomination de Dati suscite des critiques, notamment en raison de son timing, alors qu’elle doit être jugée dans l’affaire Renault-Nissan pour corruption et trafic d’influence, aux côtés de l’ancien dirigeant Carlos Ghosn. Elle est accusée d’avoir perçu 900 000 euros d’une filiale de Renault-Nissan pour avoir exercé un lobbying illégal au Parlement européen. Rachida Dati défend son action en affirmant qu’elle n’a fait qu’exercer son métier d’avocate de manière légale. Si reconnue coupable, elle risque jusqu’à dix ans d’emprisonnement et cinq ans d’inéligibilité.
L’initiative de réintégration de Dati soulève des préoccupations quant à l’image de l’institution judiciaire. Ludovic Friat, président de l’USM, le principal syndicat de magistrats, a exprimé des réserves, soulignant que cette décision envoie un message contradictoire à un moment où la déontologie et la responsabilité des magistrats sont déjà sous le feu des critiques.
Rachida Dati est également mentionnée dans d’autres affaires judiciaires en cours, ce qui ajoute à la complexité de sa situation.
Source : RFI

