Sept collégiens découvrent l’internat en zone rurale
C’est une spécificité des départements ruraux : de nombreux élèves sont scolarisés en pension complète dans un internat. Dans les Hautes-Alpes, tous les lycées proposent cette option, mais aussi quelques collèges, comme celui des Hautes Vallées. Nous avons suivi les sept internes de l’établissement lors de leur semaine de rentrée.
Il est 17 heures, la sonnerie retentit au collège des Hautes Vallées. Certains élèves ne rentrent pas chez eux mais prennent leur goûter dans la cour. Ce sont les internes de l’établissement situé à Guillestre, une commune d’environ 2300 habitants dans les Hautes-Alpes, à une vingtaine de minutes de l’Argentière-Bessée et du Queyras. Ils sont sept cette année, et lundi, le jour de la rentrée, ils ne se connaissaient pas encore.
Imran, élève interne en classe de 4ᵉ, exprime son enthousiasme : « J’ai des grands-frères et sœurs qui y sont allés, ils m’ont dit que c’était trop bien. C’est comme si tu faisais une soirée pyjama tous les jours. » Toutefois, l’internat impose également quelques contraintes. En plus d’un temps consacré à l’étude chaque soir, chaque élève doit apprendre à faire son lit. L’assistante d’éducation en charge des internes leur enseigne déjà les bases de l’autonomie.
Medine Karakurt, assistante d’éducation, souligne l’importance de cette expérience : « Je pense que ce sera bénéfique pour eux plus tard, lorsqu’ils seront au lycée ou à l’université. Ici, on est isolé, donc si l’on veut faire des études, il faut partir loin. Il vaut mieux apprendre maintenant, pour développer des automatismes. »
Les élèves apprécient la rigueur bienveillante de l’établissement. Maxime, élève interne de 3ᵉ dans une section sportive de ski freestyle, constate : « Je pensais que ce serait beaucoup plus strict, du même genre que l’armée, mais c’est plutôt cool je trouve. »
Chaque jour, le temps d’étude est encadré par des surveillants et certains professeurs. L’établissement propose également des moments centrés autour des jeux, du cinéma, de la culture ou du sport. Pascale Payre, professeure de français et responsable d’internat, explique : « Certains d’entre eux vont rester à l’internat du lundi au vendredi, donc il s’agit vraiment d’un lieu où ils se sentent bien. »
Au dîner, les internes bénéficient d’une cantine qui leur est réservée. L’internat, rénové cette année, bénéficie du soutien de l’État au titre de « Territoire éducatif rural » (TER). Avec l’hiver et les difficultés de circulation en montagne à venir, le nombre d’enfants s’y installant devrait augmenter.
Source : Article écrit à partir du reportage de Lucie Robert et Fabien Madigou / Ici Provence-Alpes.
