Une étude révèle l’impact croissant des livraisons de colis en Île-de-France
Une étude menée par l’Institut Paris Region souligne les « enjeux écologiques » et les conséquences sur le trafic routier de l’augmentation du nombre de colis livrés en Île-de-France. En 2025, chaque Francilien a reçu en moyenne 17 colis, ce qui représente un total de 315 millions de colis distribués. Cette massification des flux perturbe le trafic routier et pose des problèmes environnementaux.
L’étude, qui a duré deux ans, met en lumière l' »accélération spectaculaire » du développement des plateformes de vente en ligne, en particulier de quelques grands acteurs globaux. Selon Antoine Beyer, expert en fret et logistique de l’institut, 75 % des colis distribués pèsent moins de 3 kilos, et 12,5 % proviennent de Chine.
L’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle, un point névralgique pour le fret express, a traité 773 millions d’articles en 2024, contre 170 millions en 2022. Ce flux intensifie le trafic routier, avec environ 3,5 millions de colis enlevés ou livrés chaque semaine par des véhicules utilitaires légers en Île-de-France. Ces véhicules représentent 20 % du trafic routier, mais occupent près de 30 % de la voirie, en raison de leurs arrêts fréquents.
Les enjeux environnementaux sont également préoccupants. Malgré des efforts d’optimisation, les volumes d’emballage en carton demeurent élevés, et la gestion des retours constitue un problème, pouvant entraîner la destruction d’articles lorsque les coûts logistiques dépassent leur valeur.
Face à cette situation, les États européens, confrontés à la livraison de 5,8 milliards de petits colis en 2025, cherchent des solutions pour réguler ce flux, dont 97 % proviennent de Chine. En France, une taxe de deux euros sur les petits colis a été récemment instaurée et sera bientôt complétée par un droit de douane européen de 3 euros par type d’article commandé.
Source : Institut Paris Region.
