Abandon du projet d’incinérateur à Istres par Suez suite à une mobilisation citoyenne et municipale.

Une victoire collective d’un territoire uni

Conçu il y a plus d’un an et demi et révélé en avril dernier, le projet de grand incinérateur à déchets voulu par l’industriel Suez dans la commune d’Istres (Bouches-du-Rhône) ne verra pas le jour. Une victoire pour la municipalité, de nombreux habitants et plusieurs associations environnementales qui s’opposaient à sa construction.

Suez abandonne son projet IREN. L’industriel planchait sur un projet d’installation de « chaufferie CSR », un incinérateur, sur un site qui lui appartient déjà, dans la zone d’activité du Tubé à Istres. Cette ambition s’est rapidement heurtée à l’ire collective d’une ville entière, de la municipalité dirigée par une majorité LR aux habitants, en passant par les associations environnementales. À l’issue d’un feuilleton qui a duré plusieurs mois, la multinationale de gestion de l’eau et des déchets a donc finalement annoncé dans la soirée du vendredi 4 septembre que « les conditions n’étaient pas réunies pour l’implantation de ce projet à Istres. Le Groupe retire donc son dossier en cours d’instruction ».

Dans le détail, l’industriel souhaitait transformer son centre de tri déjà en place au même endroit, le long de la route nationale 569 à Istres, en « site de production de matières recyclées et d’énergie ». C’est au détour d’un article de presse que la nouvelle majorité municipale d’Istres, conduite par le maire LR Robin Prétot, apprenait l’existence de ce projet. Le permis de construire avait été déposé par Suez en mars 2025 et le projet n’avait pas été rendu public jusqu’alors.

Le maire a exprimé son opposition à l’unité d’incinération, déclarant avoir demandé des explications à Suez pour bien comprendre le projet, sans être convaincu par les arguments apportés. Treize associations environnementales ont également dénoncé le projet et demandé sa suspension. Les habitants ont eu l’occasion de s’exprimer lors d’une enquête publique menée par la préfecture, qui s’est déroulée du 13 avril au 18 mai.

Plusieurs centaines d’habitants se sont déplacés aux réunions d’information, exprimant des inquiétudes sur leur cadre de vie, les conséquences de l’installation en matière d’émission de gaz à effet de serre, ou encore sur la gestion réelle des déchets. Le projet annonçait une capacité de 200 000 déchets traités par an.

Au terme de cette enquête publique, le commissaire enquêteur a rendu un avis défavorable concernant ce projet « Istres Recyclage Énergie » (IREN). De plus, la Mission régionale de l’Autorité environnementale (MRAE) avait également émis plusieurs réserves. Suez a donc annoncé se ranger derrière l’avis de la préfecture.

La mairie d’Istres s’est empressée de communiquer sur cette décision, célébrant une « victoire collective », celle d’un « territoire uni ». Robin Prétot a salué « la décision sage et responsable des dirigeants de Suez, qui ont finalement pris les devants et ont entendu une évidence : en 2026, on ne peut plus imposer à un territoire un projet de cette ampleur en faisant fi de la volonté de ses habitants ».

L’industriel, quant à lui, n’a pas complètement abandonné son projet, expliquant vouloir poursuivre le dialogue avec d’autres collectivités du département, selon leurs besoins en matière de traitement des déchets.

Source : France 3 Provence-Alpes.

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